Suisse internationale: La vie dans un internat de luxe
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Ou comment sont formés les maîtres de demain.
Une sociologue américaine a vécu 15 mois à la Leysin American School et décrit des ados élevés dans un luxe extrême, isolés du monde et coupés des réalités.

La Leysin American School (LAS), qui accueille environ 300 élèves issus de plus de 50 pays, facture 128’000 francs (120 000 €) par an pour la scolarité, le logement et la pension complète. Selon son site, l’établissement veut aider ses élèves à «devenir la meilleure version d’eux-mêmes». C’est justement cette bulle ultra-exclusive, inaccessible au grand public, que la sociologue américaine Karen Lillie a décidé d’étudier de près.

Une boutique interneLes jets privés existent… mais restent l’exception
Karen Lillie a vécu plus d’une année au sein de la LAS et a partagé ses observations dans une interview au magazine «Focus». Les écoles d’élite sont souvent fantasmées, explique-t-elle. Pour certains, elles garantissent la réussite tandis que pour d’autres, elles renforcent les inégalités sociales. La réalité serait plus nuancée, à mi-chemin entre ces deux visions.

Lorsqu’elle a demandé à une élève avec quelle compagnie aérienne elle s’était rendue en Suisse, cette réponse a fusé: «Je ne prends pas de vols réguliers»Grâce à des entretiens avec de nombreux élèves, la chercheuse a analysé à la fois les atouts et les limites de ce type d’institution. Environ la moitié des élèves qu’elle a rencontrés venait de Russie, des États-Unis, de Chine, du Mexique ou du Brésil. L’autre moitié se répartissait entre une trentaine d’autres pays, y compris certains en développement.

Malgré le brassage international au sein de la LAS, les élèves se regroupent la plupart du temps par nationalitéLa richesse de nombreux jeunes est rapidement apparue. Lorsqu’elle demande à une élève avec quelle compagnie aérienne elle est venue en Suisse, celle-ci lui répond: «Je ne prends jamais de vols commerciaux». Les jets privés ne seraient toutefois pas la norme.
Week-ends dans des palaces européens
Leur manière de passer leur temps libre tranche également avec celle des adolescents ordinaires. Il est tout à fait courant qu’ils passent leurs week-ends dans des hôtels de luxe à Paris, Londres ou Milan. Certains s’offrent même des escapades spontanées sur d’autres continents. «Je me souviens d’un groupe d’élèves qui a raté le dernier vol pour Genève un dimanche et qui a donc pris un taxi de Barcelone à Leysin», raconte Karen Lillie.

Beaucoup d’élèves disposent de cartes de crédit sans plafond et passent les week-ends où ils sont autorisés à quitter l’internat dans des hôtels de luxe de grandes villes européennesPour financer ces dépenses, beaucoup disposent de cartes de crédit sans limite, directement liées aux comptes de leurs parents. Les uniformes sont régulièrement agrémentés d’accessoires Chanel, Gucci, Rolex ou Cartier. Ce luxe sert à la fois de langage commun et de terrain de compétition.
Un sac à dos Louis Vuitton… offert à des réfugiés
Les élèves formés dans cette bulle peuvent-ils comprendre les difficultés des classes sociales moins favorisées? Selon la sociologue, ils sont très éloignés des réalités vécues par la majorité de la population. Elle cite par exemple une élève qui, voulant faire un don au centre d’aide local aux réfugiés, a offert… un sac à dos Louis Vuitton.

Une élève a fait don d’un sac à dos de luxe à une organisation locale d’aide aux réfugiésL’école octroie bien quelques bourses, deux par promotion, généralement destinées à des enfants de la classe moyenne de pays à faibles revenus. Malgré leur reconnaissance, ces jeunes sont rarement intégrés socialement: difficile pour eux de suivre le rythme des sorties shopping, des restaurants hors de prix ou des voyages improvisés. Contactée pour son point de vue sur l’analyse de la chercheuse américaine, la direction de la Leysin American School n’a pas répondu à nos questions.
Les Russes avec les Russes, les Chinois avec les Chinois
La sociologue a également observé que les élèves ont tendance à se regrouper par nationalité, un phénomène qui contraste avec l’idéal d’«éducation de citoyens du monde» mis en avant par l’école. À la cafétéria, chaque table semblait rassembler une nationalité: les Russes entre eux, les Chinois entre eux, etc.
Le luxe permet de gommer certains conflits géopolitiques qui pourraient exister «dans le monde réel». Et beaucoup d’élèves partagent les mêmes ambitions: devenir entrepreneurs, intégrer des universités prestigieuses, ou créer de nouvelles opportunités dans les régions où leurs familles veulent s’implanter.
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Quelle horreur.
La connerie humaine et sa stupidité… -
Psyckofox DDL Geek Rebelle Ciné-Séries Club Gamer PW Addicta répondu à duJambon dernière édition par
@duJambon a dit dans Suisse internationale: La vie dans un internat de luxe :
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J’en ai lu quelques un et ça me réconforte que la connerie des gens n’a pas de frontières

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@Psyckofox Je n’ose pas dire: bienvenue au club, ça pourrait être mal interprété…
