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Equipe de Planète Warez

  • Yunohost: Installation sous Debian 11

    Bonjour la communauté :byebye:

    – Suite à ce Topic et ce Post, nous allons voir comment installer YunoHost.

    –Je ne réinventerais pas la roue, je me suis basé sur la documentation officielle.

    –>J’irai donc droit au but 😉

    ⚡ Tutoriel effectué sous Debian 11.

    Qu’est-ce que YunoHost ?

    YunoHost est un système d’exploitation qui vise à simplifier autant que possible l’administration d’un serveur pour ainsi démocratiser l’auto-hébergement tout en restant fiable, sécurisé, éthique et léger. C’est un projet de logiciel libre maintenu exclusivement par des bénévoles. Techniquement, il peut être vu comme une distribution basée sur Debian GNU/Linux et peut s’installer sur de nombreux types de matériel.

    – Pour plus d’informations, vous pouvez lire le topic PW ici ou la documentation officielle

    Pré-requis

    • Un serveur dédié ou virtuel avec Debian 11 (Bullseye) pré-installé (avec un kernel >= 3.12), avec au moins 512Mo de RAM et 16Go de capacité de stockage.

    • Un ordinateur ou un smartphone pour lire ce guide et accéder à votre serveur.

    Lancer le script d’installation

    – Ouvrez la ligne de commande sur votre serveur (soit directement, soit en SSH avec Putty ou encore mieux avec Tabby !

    – Assurez vous d’être connecté en tant que root (ou tapez sudo -i pour le devenir)

    – Lancez la commande suivante :

    curl https://install.yunohost.org | bash
    

    ⚠️ Si curl n’est pas installé sur votre système, il vous faudra peut-être l’installer et relancer la commande:

    apt install curl
    curl https://install.yunohost.org | bash
    

    ⚠️ Autrement, si la commande n’affiche rien du tout, vous pouvez tenter :

    apt install ca-certificates
    apt install curl
    curl https://install.yunohost.org | bash
    

    – Sélectionner Oui :

    – Ici, à vous de voir si vous souhaitez que YunoHost gère votre configuration SSH. Vu que la mienne est spécifique, je sélectionne Non:

    – Patienter pendant l’installation des paquets :

    Lancer la configuration initiale

    – Vous pouvez lancer la configuration initiale à partir de l’interface web de YunoHost dans votre navigateur en tapant l’adresse IP publique de votre serveur. Généralement, votre fournisseur de VPS vous indique l’IP dans un email ou sur sa console de gestion.

    – Exemple ici en local pour le tuto:


    – Pour plus de facilité, nous allons faire la configuration initiale en ligne de commande mais la finalité est exactement la même 🙂

    – Lancer la commande de post-installation:

    yunohost tools postinstall
    

    – Il vous sera demandé ( à vous d’adapter) :

    Votre domaine principal

    – C’est le nom de domaine qui permettra l’accès à votre serveur ainsi qu’au portail d’authentification des utilisateurs. Vous pourrez ensuite ajouter d’autres domaines, et changer celui qui sera le domaine principal si besoin.

    • Si l’auto-hébergement est tout neuf pour vous et que vous n’avez pas encore de nom de domaine, YunoHost recommande d’utiliser un domaine en .nohost.me / .noho.st / .ynh.fr (exemple : homersimpson.nohost.me). S’il n’est pas déjà utilisé, le domaine sera automatiquement rattaché à votre serveur YunoHost, et vous n’aurez pas d’étape de configuration supplémentaire. Toutefois, notez que l’utilisation d’un de ces noms de domaines implique que vous n’aurez pas le contrôle complet sur votre configuration DNS.

    • Si en revanche vous avez déjà votre propre nom de domaine, vous souhaitez probablement l’utiliser. Vous aurez donc besoin ensuite de configurer les enregistrements DNS comme expliqué ici.

    ⚠️ Oui, vous devez configurer un nom de domaine. Si vous n’avez pas de nom de domaine et que vous n’en voulez pas en .nohost.me, .noho.st ou .ynh.fr, vous pouvez utilisez un « faux » domaine comme par exemple yolo.test et modifier votre fichier /etc/hosts pour que ce domaine pointe vers l’IP de votre serveur, comme expliqué ici.

    Votre mot de passe d’administration

    – C’est le mot de passe qui vous permettra d’accéder à l’interface d’administration de votre serveur. Vous pourrez également l’utiliser pour vous connecter à distance via SSH, ou en SFTP pour transférer des fichiers. De manière générale, c’est la clé d’entrée à votre système, pensez donc à la choisir attentivement.

    Créer un premier utilisateur

    – Une fois la configuration initiale faite, vous devriez être capable de vous connecter à la webadmin en utilisant le mot de passe d’administration.


    – Bien que votre serveur dispose maintenant d’un utilisateur admin, cet utilisateur admin n’est pas un utilisateur « standard » et ne peut pas se connecter sur le portail utilisateur.

    – Par conséquent, vous devriez ajouter un premier utilisateur « standard ».

    ⚠️ Le premier utilisateur que vous créez est un peu spécial : il recevra les emails envoyés à [email protected] et [email protected]. Ces emails peuvent être utilisés pour envoyer des informations ou des alertes techniques.

    – Pour plus de facilité, nous allons faire la configuration initiale en ligne de commande mais vous pouvez cet utilisateur à partir de l’interface web de YunoHost dans Utilisateurs > Nouvel utilisateur mais la finalité est exactement la même 🙂

    – Lancer la commande de création (A adapter):

    yunohost user create violence
    

    Lancer le diagnostic

    – Le système de diagnostic est conçu pour fournir un moyen facile de valider que tous les aspects critiques de votre serveur sont proprement configurés et pour vous guider dans la résolution des problèmes soulevés. Le diagnostic se lance deux fois par jour et envoie une alerte si un dysfonctionnement est détecté.

    – Pour plus de clarté et par recommandation, nous allons lancer le diagnostic via l’interface web. Toutefois, vous pouvez aussi le faire en laiant la commande suivantes:

    yunohost diagnosis run
    yunohost diagnosis show --issues --human-readable
    

    – Pour lancer le diagnostic, allez dans l’Administration Web dans la partie Diagnostic. Vous devriez obtenir un écran comme celui-ci :

    ⚠️ N.B. : ne partez pas en courant ! La première fois que vous lancerez le diagnostic, il est assez normal d’avoir plusieurs alertes rouges ou jaunes car vous devez généralement configurer les enregistrements DNS (si vous n’utilisez pas un domaine .nohost.me, .noho.st ou .ynh.fr), ajouter un fichier de swap .

    ⚠️ Si une alerte n’est pas pertinente (par exemple parce que vous ne pensez pas utiliser une fonctionnalité spécifique), il est tout à fait convenable d’indiquer le dysfonctionnement comme « À ignorer » en allant dans l’administration web > Diagnostic, et en cliquant sur le bouton « Ignorer » pour ce dysfonctionnement spécifique.

    Obtenir un certificat Let’s Encrypt

    – Une fois que vous avez configuré, si nécessaire, les enregistrements DNS et la redirection de ports, vous devriez être en mesure d’installer un certificat Let’s Encrypt. Ceci vous permettra d’avoir une connexion SSL sécurisée sur votre interface.

    Pour plus d’instructions détaillées, ou pour en savoir plus à propos des certificats SSL/TLS, voir la page correspondante ici.

    – Vous pouvez le faire dans la configuration de votre domaine (Ici le bouton est grisé car je n’ai pas de domaine valide)

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    – Vous pouvez aussi utiliser la commande suivante:

    yunohost domain cert-install
    

    🎉 Félicitations !

    – Vous avez maintenant un serveur plutôt bien configuré. Si vous découvrez YunoHost, nous vous recommandons de jeter un œil à la visite guidée.

    – Vous devriez aussi être en mesure d’installer vos applications favorites.

    – N’oubliez pas de prévoir des sauvegardes !

    posted in Tutoriels informatiques
  • [Dossier] La fantasy à la télé: ma grosse épée dans ta petite lucarne !

    Il faut bien l’admettre : avant Game of Thrones , la fantasy était un peu à l’étroit sur le petit écran. Reste que la télévision nous a offert quelques beaux souvenirs en la matière et que la diffusion du Seigneur des Anneaux : les Anneaux de pouvoir (sur Prime) et House of the Dragon (sur OCS) offre le prétexte idéal pour les évoquer dans les grandes largeurs.

    S’il est un genre dans lequel la fantasy a largement puisé, c’est bien celui des contes de fées. La preuve avec La Caverne de la rose d’or, tirée d’un conte pour enfants italien mais qu’on peut aisément considérer comme la première série télé déployant un véritable univers de sword and sorcery. Ou plus précisément de fantasy romance, puisqu’il est beaucoup question de tourments amoureux au cours de ces cinq téléfilms en deux parties diffusés entre 1991 et 1996 au moment des fêtes de Noël.

    Pas étonnant avec pour héroïne Fantagaro (Alessandra Martines, sortie du Sinbad d’Enzo Castellari), une princesse certes rebelle et intrépide, mais qui tremble d’émotion et brûle de désir dès que le beau guerrier dont elle s’est éprise (Kim Rossi Stuart, Romanzo Criminale) pointe le bout de son glaive. Projet de Mario Bava repris par son fils Lamberto, La Caverne de la rose d’or ne cache pas ses influences, de Legend (il y a des gnomes) à Willow (il y a des nains) en passant par Ladyhawke, la femme de la nuit (il y a… des chevaux), même si on pense plus volontiers au Choix des seigneurs, romance médiévale rutilante de Giacomo Battiato avec la belle et peu farouche Tanya Roberts.

    Compte tenu du peu de moyens alloués au réalisateur de Démons, on est donc en plein bis italien, avec tout ce que ça implique de trucages bricolés, d’acteurs à la ramasse (mention à Brigitte Nielsen en méchante reine), de sentiments exaltés jusqu’à l’outrance et de péripéties pas toujours très cohérentes, mais aussi de cette étrange poésie onirique que Lamberto Bava a héritée de son illustre paternel.

    Cette poésie donne un charme assez addictif et parfois enivrant à ce spectacle comme surgi d’un autre âge (ou d’un cosplay, c’est selon) qui se permettait en outre un clin d’œil à Mad Max 2, Fantagaro étant armée d’une pierre-boomerang dont elle se sert pour affronter des soldats d’argile ou le beau ténébreux Tarabas (loup-garou à ses heures perdues), montée sur Crin d’or, son cheval qui parle.

    Dans le genre fairy tale (mais en moins bis et plus friqué), citons également la minisérie Le 10ème royaume avec Rutger Hauer (où le fils de Blanche-Neige est projeté à notre époque après avoir été transformé… en chien !) et bien sûr la série Once Upon a Time (2011-2018). On n’oubliera pas non plus les contes arabes avec Les mille et une nuits, superbe adaptation de la traduction faite par sir Richard Francis Burton (le héros d’Aux sources du Nil) réalisée en 2000 par Steve Barron avec Jason Scott Lee en Aladdin et Rufus Sewell en Ali Baba, ainsi que Les Aventures de Sinbad (1996-1998), série créée par le scénariste de Troll Ed Naha.

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    – Le prince des ténèbres Tarabas (Nicholas Rogers) dans La Caverne de la rose d’or, créée par Gianni Romoli et réalisée par Lamberto Bava.

    Avalon tout cru

    Les historiens ont beau s’écharper sur la question depuis des siècles, peu de doutes sont permis quant à l’existence réelle du roi Arthur : sa légende s’est probablement forgée non pas à partir de la vie d’un seul homme mais de plusieurs seigneurs de la guerre celtes et romains que la tradition orale puis écrite a rassemblés en un seul personnage mythologique. Arthur a donc tout à fait sa place dans l’univers de la fantasy, comme le prouvent les éléments magiques dont il est indissociable (l’épée Excalibur, l’enchanteur Merlin, la fée Morgane, le Saint Graal, l’île d’Avalon) et le nombre impressionnant de livres et de films appartenant au genre qui lui sont consacrés.

    C’est bien entendu en Angleterre que la télévision s’empare pour la première fois de la légende du roi Arthur en se concentrant sur le plus fameux de ses chevaliers de la Table ronde avec Le Chevalier Lancelot, qui compte 30 épisodes diffusés sur ITV entre 1957 et 1959. Un spectacle familial fort divertissant où le héros, campé par William Russell (qui deviendra vingt ans plus tard l’un des Anciens du conseil de Krypton dans le Superman de Richard Donner), affronte dans le désordre des vassaux félons, des Vikings, Patrick McGoohan, des pirates, des fantômes, des voleurs, des sorcières et un monstre qui se révèle finalement être un drakkar.

    Lancelot y est le plus souvent dépeint comme une espèce de Ethan Hunt médiéval à qui Arthur confie des missions au cours desquelles il est souvent assisté par le geek de l’époque, à savoir Merlin.

    Il faut attendre 1972 pour que ITV remette le couvert avec Arthur, roi des Celtes : années 70 obligent, Arthur (Oliver Tobias, vu dans Le Trésor de la montagne sacrée avec Christopher Lee) est attifé comme une rock star à la Mick Jagger, mais la série adopte un angle « réaliste » où Merlin, Lancelot et Guenièvre ne sont même pas mentionnés, préférant mettre l’accent sur des intrigues politiques ponctuées. Qu’on se rassure, celles-ci sont fréquemment ponctuées d’escarmouches auxquelles le thème musical très western d’Elmer Bernstein tente de donner un peu d’ampleur.

    La BBC contre-attaque en 1979 avec le serial The Legend of King Arthur, qui revient aux sources du mythe mais lorgne méchamment vers le théâtre filmé, l’intérêt de la chose se limitant à la présence de Patsy Kensit dans le rôle de Morgane enfant.

    Magnifié au cinéma par John Boorman en 1981 avec Excalibur, Arthur revient sur le petit écran quatre ans plus tard sous les traits de Malcolm McDowell en roue libre dans le nanardesque L’Épée du sorcier de Clive Donner, qui n’a pas grand-chose à envier à Monty Python : Sacré Graal ! en termes de gags, à ceci près qu’ici ils ne sont pas volontaires. Le reste du casting est à l’avenant : Rupert Everett en Lancelot pas très viril, Candice Bergen en Morgane affublée d’une atroce perruque rouge, Liam Neeson en guerrier picte arriéré… Pas étonnant que le film, tourné en 1982, soit resté trois ans dans les tiroirs avant d’échouer sur CBS aux USA et dans les vidéoclubs pour le reste du monde.

    De quoi enterrer Arthur pendant un bon bout de temps puisqu’il faut attendre le milieu des années 90 pour que soit produit Guenièvre, l’autre légende, version féministe et gentiment neuneu du mythe qui capitalise sur un casting recruté dans les séries à succès de l’époque avec Noah Wyle d’Urgences en Lancelot, Sean Patrick Flanery des Aventures du jeune Indiana Jones en Arthur et Sheryl Lee, la Laura Palmer de Twin Peaks dans le rôle-titre.

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    – Le cruel Vortigern (Rutger Hauer) dans le téléfilm Merlin de Steve Barron (1998).

    Le modeste succès commercial de Lancelot : le premier chevalier au cinéma en 1995 maintient la légende en vie jusqu’à ce qu’elle renaisse à la télévision en 1998 avec la minisérie de trois heures Merlin réalisée par Steve Barron et produite par Robert Halmi pour Hallmark la même année que sa formidable adaptation de Moby Dick.

    Une pure merveille, racontée du point de vue de Merlin (Sam Neill, parfait) et donc très orientée sur l’aspect fantasy de la légende, Helena Bonham Carter composant une mémorable Morgane au sein d’un casting de prestige allant de Rutger Hauer à Isabella Rossellini en passant par Miranda Richardson, Martin Short et Lena Headey, future Cersei Lannister de Game of Thrones, dans la robe de Guenièvre. Porté par un score majestueux signé Trevor Jones, Merlin représente ce qui se fait de mieux en matière de télévision ambitieuse, la présence au générique du scénariste Edward Khmara (Ladyhawke) n’étant sans doute pas étrangère à une telle réussite.

    Tirée du best-seller de Marion Zimmer Bradley Les Dames du lac et produit dans un format identique par Turner et les Allemands de Constantin Films trois ans plus tard, Les Brumes d’Avalon recrute le cinéaste Uli Edel (Moi, Christiane F.) et le génial chef-op’ Vilmos Zsigmond (La Porte du paradis) pour un résultat tout aussi recommandable. La légende y est racontée du point de vue de ses héroïnes les plus influentes (Viviane, Morgane, Morgause), tandis que l’amitié entre Arthur et Lancelot revêt des atours pour le moins ambigus et que Guenièvre a bien du mal à trouver sa place.

    Très influencée par Excalibur, cette version aurait pu donner suite à des adaptations des autres volumes du Cycle d’Avalon de Bradley, mais il n’en sera rien, les accusations de pédophilie portées contre Bradley par sa propre fille n’ayant pas aidé à motiver d’éventuels projets.

    C’est en 2008 que BBC One lance Merlin, dont les cinq saisons remportent l’adhésion du jeune public. C’est en effet à lui qu’elle est destinée : inspirée de Smallville, la série raconte l’adolescence de Merlin (Colin Morgan, Belfast) et Arthur (Bradley James, futur antéchrist de la série Damien) avant que celui-ci ne devienne roi, Merlin étant forcé de dissimuler ses pouvoirs à son entourage, Uther Pendragon ayant banni la magie de Camelot. Nul besoin d’avoir 15 ans pour apprécier ces aventures fort bien menées qui prennent pas mal de libertés avec le mythe mais n’en trahissent jamais l’essence.

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    – Le roi Arthur (Jamie Campbell Bower) en vient aux mains avec son champion Leontes (Philip Winchester) dans Camelot de Chris Chibnall et Michael Hirst.

    Beaucoup plus adulte et produit par le créateur des Tudors pour Starz, Camelot (2011) n’ira pas au-delà d’une saison et c’est bien dommage tant le show se distingue par une noirceur très dark fantasy qui donne la part belle à un Merlin beaucoup moins sympathique qu’à l’accoutumée (Joseph Fiennes s’en donne à cœur joie) et à Morgane, sublimement interprétée par une Eva Green peu avare de ses charmes et qui donne un portrait à la fois terrifiant et émouvant de la magicienne, consumée par la haine qu’elle porte à son frère Arthur (Jamie Campbell Bower, Stranger Things).

    La série se termine sur une scène montrant Morgane, qui a pris l’apparence de Guenièvre aux yeux d’Arthur, s’accouplant avec lui pour porter son enfant, les épisodes étant par ailleurs ponctués de nombreux meurtres et viols : on l’aura compris, Camelot annonce clairement l’approche transgressive, la violence graphique et les intrigues de cour chères à Game of Thrones.

    Si on passe outre Kaamelott, dont il faut bien reconnaître que l’humour parodique n’a pas très bien vieilli, la dernière production télévisée arthurienne en date est due à Netflix avec Cursed : la rebelle, adaptée du comic-book de Frank Miller. Annulée au terme de sa première saison, la série s’intéresse à Nimue (Katherine Langford, 13 Reasons Why), qui devient ici la future Dame du Lac dans une relecture post-#metoo de la légende (la tagline « Et si le roi avait été une reine ? » résume assez bien la chose à condition de ne pas y voir un double sens queer) où Arthur est un sidekick mercenaire et Lancelot un moine guerrier sanguinaire.

    De la pure fantasy avec démons et sorcières, mais le résultat est nettement plus light que l’ouvrage de Miller.

    Du muscle et des épées

    Conan le barbare a beau triompher au box-office lors de sa sortie en 1982 et marquer de son empreinte bon nombre de films d’heroic fantasy dans les années qui suivent, le petit écran tarde à jouer des muscles, se contentant en 1983 de produire Wizards and Warriors l’espace d’une seule et unique saison de huit épisodes en mode sword and sorcery humoristique, ne serait-ce que par les coupes de cheveux furieusement eighties de ses héros.

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    – Le surfeur chrétien Kevin Sorbo incarne le fils de Zeus dans la série Hercule, produite par Sam Raimi et Robert Tapert.

    Passée la série animée Conan l’aventurier en 1992, rien ne bouge avant que Hercule ne vienne remettre les pendules à l’heure, avec le surfeur chrétien Kevin Sorbo (Kull le conquérant) dans le rôle du fils de Zeus.

    Produite par le tandem d’Evil Dead Sam Raimi/Robert Tapert, cette série particulièrement divertissante n’est cependant pas aussi réjouissante que son spin-off Xena, la guerrière qui, en plus de ses qualités formelles, de ses péripéties bondissantes et du charme de Lucy Lawless, marque une nette évolution dans la représentation LGBT à la télévision puisqu’il est fortement suggéré que son héroïne est lesbienne : personne n’a oublié le couple formé par Xena et Gabrielle (Renée O’Connor), la petite fermière devenue fière amazone.

    Cumulées, les deux séries ne comptent pas moins de 245 épisodes et cinq téléfilms pilotes étalés sur six ans, sans compter un deuxième spin-off intitulé Hercule contre Arès (Young Hercules en VO) racontant l’adolescence du héros incarné mollement par un jeune débutant nommé Ryan Gosling (comme quoi il avait déjà à cœur de forger son style de jeu).

    Les années n’ont eu guère de prise sur Hercule et Xena : tournées en décors naturels en Nouvelle-Zélande, elles enfoncent gentiment le téléfilm Jason et les Argonautes (avec la mutante Natasha Henstridge en reine de Lemnos) et la minisérie L’Odyssée produite par Francis Ford Coppola, qui ne vaut guère que pour son casting royal (Armand Assante en Ulysse et Greta Scacchi en Pénélope, mais aussi Eric Roberts, Christopher Lee, Jeroen Krabbé, Nicholas Clay, Isabella Rossellini…) et les effets spéciaux de Jim Dark Crystal Henson.

    Le Cimmérien de Robert E. Howard ressuscite en 1997 l’espace d’une saison dans la série Conan, qui réussit l’exploit d’être encore plus infâme que le remake de Marcus Nispel, l’Allemand Ralf Moeller (aperçu dans Gladiator) ne possédant par ailleurs en rien le charisme animal de Jason Momoa.

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    –Xena, la guerrière, spin-off d’Hercule, a encore davantage marqué les esprits, notamment grâce au charisme de Lucy Lawless.

    À la limite, mieux vaut se rabattre sur les trois saisons produites entre 1999 et 2002 de BeastMaster, le dernier des survivants, inspirée du film Dar l’invincible, où Daniel Goddard des Feux de l’amour reprend le rôle du guerrier-torse-nu-imberbe-qui-parle-aux-animaux tenu par Marc Singer dix-sept ans plus tôt. Fauchée mais amusante, la série vaut mieux que les suites cinématographiques du petit classique de Don Coscarelli.

    Enfin, puisqu’il est ici question de manier l’épée, difficile de ne pas citer la série franco-canadienne Highlander (1992-1998) inspirée du film de Russell Mulcahy. Adoubé par Christophe Lambert dans le pilote (qu’il retrouvera au cinéma dans Highlander: Endgame, quatrième opus de la saga), Adrian Paul et son catogan incarne Duncan MacLeod, cousin de Connor et immortel comme lui.

    L’occasion pour ce beau mâle aux talents d’acteur aléatoires de vivre de nombreuses aventures de nos jours et au fil des siècles qu’il a traversés (les flashes-back sont légion). Partageant son secret avec le trio de choc formé par son amante Tessa, le jeune chien fou as de la cambriole qui lui sert de sidekick et son « chroniqueur » Joe Dawson, un ancien marine privé de l’usage de ses jambes et chargé par une société secrète de surveiller les immortels.

    Bien plus captivante que les suites du film original, la série s’étalera sur une centaine d’épisodes au cours desquels MacLeod croisera bien sûr d’autres immortels, des sorcières, des démons mais aussi Franck Dubosc en chevalier du Moyen Âge, des rottweilers enragés, Tomer Sisley, Joan Jett en fille de joie et Marion Cotillard qui, pour sa première apparition à l’écran, donne dans le rape and revenge puisqu’elle se fait violer par son méchant fiancé avant de le tuer à la fin de l’épisode.

    Highlander aura même droit à un spin-off féminin le temps d’une saison avec L’Immortelle, qui met en vedette Amanda (Elizabeth Gracen, vue avec Steven Seagal dans Désigné pour mourir), un personnage apparu aux côtés de Duncan MacLeod, mais dont les exploits en mode polar buddy movie font pâle figure comparés à ceux du bel Écossais.

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    – Brunhild (Kristanna Loken) se venge du sournois Hagen (Julian Sands) dans L’Anneau sacré.

    Machine de guerre

    Triomphe planétaire du début des années 2000, la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson est tellement gigantesque d’un point de vue esthétique que la télé n’a pas les moyens de se mesurer à une telle ampleur visuelle. Les premiers à s’y risquer sont les Allemands qui, malins, profitent de l’effet Lord of the Rings mais esquivent la comparaison en puisant dans leur propre culture – et donc dans la mythologie dont s’est largement inspiré Tolkien. Ce sera L’Anneau sacré (2004) qui raconte la légende de Siegfried terrassant le dragon tirée de l’épopée des Nibelungen popularisée par l’opéra de Wagner L’Or du Rhin, le tout mélangé à un peu de folklore scandinave.

    Uli Edel reprend du service, Robert Pattinson y fait ses débuts et Kristanna Loken se venge de l’atroce série Mortal Kombat en jouant la walkyrie Brunhild, la bien-aimée de Siegfried. Tourné en Afrique du Sud pour 23 millions de dollars, ce chouette téléfilm de trois heures ne possède certes pas le souffle nécessaire pour étancher la soif des fans du Seigneur des Anneaux mais sait faire preuve d’ambition et de lyrisme, même s’il ressemble parfois à une version de luxe de La Caverne de la rose d’or.

    Cinq ans plus tard, Tapert et Raimi rempilent pour Legend of the Seeker: l’épée de vérité, tirée de la saga littéraire de Terry Goodkind. Son héros, un jeune garde forestier, découvre qu’une prophétie le désigne comme celui qui libérera le pays du joug d’un tyran, quête qu’il accomplit aux côtés d’une belle sorcière et d’un vieux magicien. Sur le papier, c’est classique mais prometteur. À l’écran, c’est une autre affaire puisqu’on est loin de la noirceur parfois SM du texte original. Le public ne suit pas et la série ne dépassera pas le stade de sa deuxième saison alors que la saga s’étend sur douze tomes.

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    – Le Roi de la nuit (Vladimír Furdík) à l’assaut de Winterfell dans la saison 8 de Game of Thrones.

    Passé cet échec, personne d’autre n’ose entrer dans la danse à tel point que le sort de la high fantasy télévisée semble définitivement réglé jusqu’à ce que Game of Thrones vienne changer la donne en 2001 et pour les huit ans qui suivent.

    Inutile de s’attarder sur cet authentique monument de dark fantasy plus inspiré des Rois maudits que de Tolkien puisque nous lui avons consacré un numéro hors-série il y a trois ans, si ce n’est pour dire que la série a placé la barre tellement haut qu’il sera bien difficile de l’égaler, sans parler de la surpasser. Toujours est-il que son incroyable succès, qui dépasse de loin le cercle des amateurs du genre, pousse plusieurs chaînes à se lancer dans la bataille avec des adaptations d’autres best-sellers de la fantasy.

    Alfred Gough et Miles Millar, les créateurs de Smallville, se chargent ainsi des Chroniques de Shannara d’après Terry Brooks, sorte de post-apo elfique plus destiné aux fans de Harry Potter que de GOT. Amazon produit La Roue du temps d’après Robert Jordan avec Rosamund Pike dans le rôle principal, celui d’une puissante magicienne évoquant les Bene Gesserit de Dune qui livre un combat contre les forces des ténèbres menaçant d’anéantir le monde et qui doit identifier l’élu censé être la réincarnation d’un héros fabuleux.

    Forcément moins complexe que les romans, ce qui n’est pas plus mal, la série donne une idée assez précise de ce à quoi devrait ressembler Le Seigneur des Anneaux : les Anneaux de pouvoir, à savoir une histoire bien racontée et des personnages bien campés malheureusement noyés dans un déluge d’effets numériques.

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    – Geralt de Riv (Henry Cavill) s’apprête à combattre la bruxa Vereena (Agnes Born) dans la deuxième saison de The Witcher.

    La Roue du temps est en tout cas plus stimulante que les incursions faites par Netflix dans la fantasy avec Dark Crystal : le temps de la résistance, préquelle du chef-d’œuvre de Jim Henson qui peine à retrouver la beauté plastique et la puissance poétique de l’original, et The Witcher, dans laquelle on a bien du mal à rentrer si on n’a pas lu les romans Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski ou pratiqué le jeu vidéo qui s’en inspire. Reste le charisme de Henry Cavill dans la peau de Geralt de Riv, protecteur de la princesse Ciri dans un univers médiéval où il ne se prive pas de dégainer son épée à la moindre occasion face à de multiples menaces surnaturelles.

    Aussi imparfaite soit-elle, la série, qui n’en est qu’à sa deuxième saison, fait cependant preuve d’une certaine exigence et s’améliore nettement au fil des épisodes. L’avenir de la fantasy télévisée semble donc plutôt bien engagé, et c’est sans doute sous le format d’une série que Conan finira un jour par renaître de ses cendres.


    Cédric DELELÉE
    Mad Movies #363

    posted in Cinéma & Séries
  • RE: Nécro

    Punaise putain 😞

    posted in Espace détente
  • RE: Salut à tous

    @HAAtoouma Bienvenue !

    posted in Présentations
  • RE: [Topic Unique] Actualités cinéma & séries

    Bullet Train

    Ça y est, je l’ai vu.

    Du vaudeville à la puissance 10 ! Ça ne s’arrête pratiquement pas et c’est complètement barré :lol:

    A voir absolument.

    posted in Cinéma & Séries
  • [Rencontre] Les papillons noirs - Olivier Abbou

    Moi qui ne suis pas trop séries françaises (à part T.A.N.K et d’autres exceptions), je ne pouvais passer à côté de cet O.V.N.I surtout quand c’est le réalisateur des longs-métrages Territoires et Furie (très sympa celui-ci, imaginer le vieux couple de marseillais dans son camping-car péter un boulard, c’est d’actualité 😉 ) qui dynamite les codes de la série criminelle Française avec Les Papillons noirs diffusée depuis le 22 septembre sur Arte avant de rejoindre le catalogue Netflix. Olivier Abou nous détaille la façon dont il a donné vie à un stupéfiant couple de vacanciers tueurs, en s’insinuant dans les failles du système télévisuel.

    Les Papillons noirs imbrique plusieurs lignes narratives, dont le point commun est longtemps laissé dans l’ombre. Comment s’est déroulée l’écriture du scénario ?

    La meilleure réponse à la question est peut-être de dire que c’était très différent du rythme habituel de l’écriture d’une série. En général, une fois que tu as vendu ton idée à une chaîne ou à une plateforme, tu es soumis à des temps très serrés, en vue de la date de diffusion. Tu te fais donc un rétroplanning incluant l’écriture, le tournage, etc. Cela n’a pas du tout été le cas sur Les Papillons noirs. Mon coscénariste Bruno Merle et moi avons commencé à réfléchir à cette idée lors de l’été 2015, et j’ai tourné en 2021.

    Entretemps, il y a eu un tas d’autres projets, autant pour Bruno que pour moi, même si nous avons commencé à développer l’histoire des Papillons noirs avec Arte dès 2017 ou 2018. Nous avons donc eu un long temps de rumination, pendant lequel le synopsis a beaucoup évolué. Par exemple, le personnage du flic solitaire est arrivé très tard. À la base, c’était vraiment sur un écrivain en butte au syndrome de la page blanche, Adrien, qui arrondit les fins de mois en jouant les nègres pour inconnus. Il rencontre ainsi un vieil homme, Albert, qui lui raconte cette grande histoire d’amour, les étés meurtriers d’un couple de tueurs en série.

    Et Adrien le spolie de son récit pour en faire un roman prétendument original… Mais à partir de là, nous nous sommes laissé emmener par les personnages, ce qui a fait passer le nombre d’épisodes de trois à quatre, cinq et finalement six. En particulier, la façon dont Adrien a un black-out total sur son passé, le mensonge qu’est sa vie, sont des choses qui sont venues progressivement.

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    La résolution de cet aspect n’est pas foncièrement originale, mais vous mystifiez quand même le public grâce à d’autres révélations intermédiaires. Par exemple, quand des actions qu’on croyait simultanées s’avèrent situées à des moments différents…

    Haha, c’est comme cette scène du Silence des agneaux où un personnage frappe à une porte. qui s’ouvre sur une chose inattendue. Sauf que ce n’est plus un décalage dans l’espace, mais dans le temps. Ceci dit, même si je manipule un peu le spectateur, je ne crois pas que je le trompe. D’ailleurs, l’exemple à ne pas suivre était pour moi Usual Suspects.

    En fait, j’ai toujours eu en tête de donner de petits indices au public, comme des objets du passé qu’on retrouve dans le présent. En particulier, il y a le moment où la mère d’Adrien manifeste un léger trouble en apprenant le sujet du roman de son fils. À partir de là, certains spectateurs se diront : « Hé, hé, j’avais deviné le truc. » Mais en fin de compte, ce n’est pas très grave, car les twists les plus importants arrivent ensuite. Et ceux-là, on ne peut pas vraiment les anticiper. De plus, à un niveau plus large, je crois que Les Papillons noirs est vachement plus intéressant en deuxième lecture.

    Je sais bien sûr que les gens ont trop de films et de séries à regarder, et que personne ne reverra donc tous les épisodes. Pourtant, une fois passés les twists et les rebondissements, tu te rends compte que les choses ne sont pas mal écrites en plein d’endroits. En tout cas, je me suis beaucoup amusé à placer des indices en fonction d’une deuxième lecture. Une autre dimension amusante a été d’imbriquer ces trois univers très différents au niveau visuel, esthétique. Chacun a son propre look, et même son propre style de mouvements de caméra.

    Oui, les séquences dans le passé sont assez stylisées. Vous vous êtes inspiré des thrillers des années 1970, notamment italiens ?

    Ce n’était pas archiconscient au départ. je disais tout à l’heure que nous nous étions laissé porter par les personnages, et cela a aussi emmené les séquences au passé vers un truc très « Éros et Thanatos ». Quand ils ont vu le sujet, qui comporte à la fois beaucoup de sexe et beaucoup de meurtres, les gens d’Arte ont donc commencé à me dire : « Comment vas-tu aborder tout cela ? Fais quand même gaffe, c’est du prime time. »

    Mais ils ne pouvaient pas nous suivre sur une histoire où ces éléments étaient incontournables, pour nous demander ensuite d’édulcorer au niveau de la réalisation. Heureusement, le boss de l’unité fiction d’Arte, Olivier Wotling, est un grand fan de cinéma italien, et de culture italienne en général. J’ai donc pu lui expliquer que j’allais aborder la violence en la suresthétisant, de manière à la déréaliser dans une certaine mesure. J’avais vraiment envie de cette approche, car la série tout entière joue avec le statut des images, le spectateur étant amené à s’interroger sur ce qu’on lui donne à voir. Là encore, j’ai placé des indices.

    Quand Adrien demande une photo de Solange à Albert, ce dernier lui répond : « Je n’ai pas de photo d’elle. Désolé, tu vas devoir imaginer, mon petit. » Ainsi, on ne sait pas si les séquences au passé sont un vrai flash-back exposant les faits, ou bien s’il s’agit de l’interprétation du récit du vieil Albert que fait Adrien dans son roman. La suite apportera des réponses à ces questions, mais l’incertitude me permettait d’aller à fond dans les clichés des années 70, avec de la sophistication, une lumière chatoyante qui enjolive tout, et même de l’italo-disco dans la bande-son !

    Bref, j’ai montré au spectateur ce que je voulais, c’est-à-dire du cul et une violence assez brute, mais en lui donnant presque envie de partir en vacances avec les tueurs. Car en fin de compte, on s’éclate beaucoup plus avec eux qu’avec Adrien dans le présent, où tout est glauque, dur, noir, marqué par le doute existentiel.

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    Nicolas Duvauchelle, qui incarne Adrien, est devenu un acteur intense.

    En plus, la série joue avec son parcours d’acteur. Nicolas a lui-même été boxeur, et c’est dans un gymnase qu’il a été découvert par Érick Zonca, lequel lui a donné son premier rôle dans Le Petit voleur. Je lui ai donc fait refaire un truc de ses débuts. En outre, Nicolas a aussi des histoires de famille et de généalogie un peu compliquées, et il a ainsi investi beaucoup de son histoire personnelle dans le personnage d’Adrien. En fait, la mise en abyme a été le moteur des Papillons noirs à tous les niveaux, que ce soit dans l’écriture, les thématiques, la réalisation. Cela va jusqu’au livre qu’Adrien est censé écrire dans la série : ce roman a vraiment été rédigé, et il va sortir dans les librairies.

    Comment s’est construite l’alchimie entre Duvauchelle et Niels Arestrup, qui joue Albert ?

    C’est vrai qu’ils sont tous deux des animaux assez particuliers. En fait, Niels a une méthode très Actors Studio, consistant à mélanger un peu la vraie vie et les personnages. Pendant la préparation et les premiers. temps du tournage, il n’a donc rien fait pour se rapprocher amicalement de Nicolas. C’était : bonjour, on s’assoit, on fait nos scènes, et au revoir. Mais cela fonctionnait vachement bien, car cela créa t une tension.

    En effet, Nicolas avait à se confronter à ce monstre d’acteur, de la même manière qu’Adrien est souvent intimidé devant Albert. Car nous avons veillé à tourner toutes leurs scènes dans l’ordre chronologique. Ainsi, Niels a amorcé un rapprochement au moment de la scène dans la cuisine de l’épisode 3, où Adrien raconte un peu sa vie avec sa compagne, son passé en prison, etc. Bref, les deux acteurs ont commencé à sympathiser au stade où leurs personnages respectifs devenaient plus intimes.

    Niels m’a toujours dit que ce qui lui avait plu dans le scénario, c’était l’idée de ces enfants blessés, qui portent ce traumatisme tout au long de leur existence. Je pense que cela fait écho à des choses de sa propre vie. En tout cas, il a accepté le rôle rapidement. Mais cela a été le cas de tous les acteurs : ils ont lu le script, l’ont aimé, et c’était parti.

    Pourtant, Niels est quelqu’un d’hyper exigeant, et il se méfie pas mal des séries contemporaines. En réalité, ce domaine lui était complètement étranger jusqu’au confinement, où il s’est mis à regarder des séries comme tout le monde. Bien sûr, il avait joué le président dans Baron noir, mais il avait toujours annoncé qu’il ne tournerait qu’une seule saison. Comme je l’ai entendu dire cet été sur France Info, il n’aime pas les rôles récurrents, car il a l’impression de récurer !


    – Propos recueillis par Gilles Esposito
    – Merci à Nathalie Lund

    – Source: Mad Movies #363

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