@duJambon a dit dans Des cochongliers par milliers : Qui est responsable de leur pullulation ? :
on sera bien content de bouffer ce qui reste
On bouffera les végans! 
Ils ne quittent jamais vraiment le forum. Toujours en train de rafraîchir la page, de checker les nouveaux posts et de répondre plus vite que leur ombre.
@duJambon a dit dans Des cochongliers par milliers : Qui est responsable de leur pullulation ? :
on sera bien content de bouffer ce qui reste
On bouffera les végans! 
Cette franchise est un bordel sans nom.
Un non initié serait en galère à capter tous ce merdier ^^ (déjà entre celui qui adhère en aucun cas à la franchise mais qui va quand même essayer de lui donner une chance histoire de ne pas crever moins con qu’il est
, celui qui s’est arrêté au Retour du Jedi etc etc).
Star Wars, Marvel même galère
Portainer CE est une application gratuite et open source destinée à simplifier l’administration des conteneurs Docker et des environnements basés sur des micro-services. Cette solution d’administration accessible à partir d’un navigateur Web se veut à la fois pratique et conviviale. Au-delà de la présentation de cette solution, cet article explique comment installer Portainer et comment l’utiliser pour administrer ses conteneurs Docker.
Bien que cet article se concentre sur la version Portainer CE (Community Edition) , vous devez savoir qu’il existe une version destinée aux entreprises : Portainer BE (Business Edition). Elle offre un accès prioritaire au support et des fonctionnalités supplémentaires, comme l’intégration avec des annuaires d’entreprises (AD, OpenLDAP) et la gestion des accès avec des rôles (RBAC). La version CE est populaire auprès de la communauté IT : près de 500 000 personnes l’utilisent régulièrement.
La bonne nouvelle, c’est que Portainer Business Edition est gratuit jusqu’à trois nœuds. Donc, si cela vous intéresse, obtenez une licence gratuitement en complétant le formulaire disponible sur cette page.

Remarque: Portainer s’adresse aussi aux utilisateurs de Kubernetes et Podman, il n’est pas limité à Docker.
Commençons par lister les fonctionnalités clés de Portainer CE, cela vous permettra de mieux comprendre l’intérêt de la solution :
Sur le papier, Portainer et Docker Desktop peuvent sembler proches, car ces deux solutions ont un point commun : elles permettent de gérer les conteneurs Docker depuis une interface graphique. Pourtant, il y a des différences notables, que ce soit dans le mode d’installation ou la finalité de l’application en elle-même.
Ce tableau récapitulatif devrait vous permettre de mieux comprendre les différences entre Docker Desktop et Portainer.
| Caractéristiques | Docker Desktop | Portainer |
|---|---|---|
| Principe | Application lourde pour gérer les conteneurs Docker en local (Windows/Mac) | Console Web pour piloter des environnements Docker/K8s (local et distant) |
| Ce qu’il embarque | Le moteur Docker + Docker Compose + UI | Uniquement une UI, donc il ne fournit pas Docker lui-même. |
| Cible principale | Développeur local | Admins qui pilotent des nœuds Docker (nodes), que ce soit en production ou pour un Home Lab. |
| Mode d’installation | Application à installer en local sur une machine | L’outil est exécuté dans un container et s’utilise à partir d’une interface web accessible via un navigateur |
| Scalabilité | Pas fait pour gérer de multiple nodes distants | Oui, car vous pouvez ajouter des instances Docker (SSH/agent/K8s) |
Dans cet exemple, Portainer est installé par l’intermédiaire d’un conteneur Docker exécuté sur un hôte Linux. Vous pouvez envisager une installation via Windows Container ou Docker Desktop / WSL.
Vous devez donc disposer d’une instance Docker prête à l’emploi. Si besoin, voici un tutoriel sur l’installation de Docker :
Installation de Docker sur Debian
Connectez-vous sur votre machine et créez un répertoire pour accueillir les données du projet Portainer. Comme à mon habitude, j’ai créé un sous-dossier avec le nom de l’application sous /opt/docker-compose. Voici le dossier créé :
sudo mkdir /opt/docker-compose/portainer
Puis, créez un sous-dossier à l’intérieur afin de stocker les données de Portainer (persistance) :
sudo mkdir /opt/docker-compose/portainer/portainer_data
L’arborescence de dossiers étant prête, vous pouvez passer à la suite.
Positionnez-vous à l’intérieur du répertoire /opt/docker-compose/portainer et téléchargez le fichier Docker Compose proposé par Portainer. Ceci nous évite de le construire nous-même. Ici, le fichier téléchargé est nommé portainer-compose.yaml, mais vous pouvez tout à fait le nommer docker-compose.yaml.
cd /opt/docker-compose/portainersudo curl -L https://downloads.portainer.io/ce-lts/portainer-compose.yaml -o portainer-compose.yaml

Éditez le fichier téléchargé, car nous devons y apporter certaines modifications.
sudo nano portainer-compose.yaml
La lecture de ce fichier met en évidence plusieurs informations importantes :
portainer. Cette page mérite d’être consultée, car elle indique la compatibilité entre les versions de Portainer et les versions de Docker. Il existe aussi des versions STS de Portainer (Short-Term Support).portainer_data et il aura accès au socket Docker. Mais, attention: pensez à indiquer ./portainer_data à la place de portainer_data pour bien utiliser le dossier créé précédemment. Dans ce cas, la section volumes: en fin de fichier est facultative.9443. Vous pouvez supprimer la ligne avec le port 8000:8000 si vous n’envisagez pas d’utiliser la fonction d’agent Edge. Cela évite d’exposer ce port inutilement.Note: l’Edge Agent de Portainer permet à un serveur Portainer central de gérer à distance des hôtes Docker/Kubernetes situés derrière des NAT/firewalls, via un canal de communication sortant et sécurisé depuis l’hôte.

Une fois le fichier édité, vous pouvez enregistrer et fermer.
Toujours à partir de la ligne de commande, lancez la construction du conteneur Portainer. L’image sera téléchargée, puis le conteneur créé et exécuté.
sudo docker compose -f portainer-compose.yaml up -d

Vous pouvez vérifier l’état du conteneur avant de continuer :
sudo docker ps
Pour accéder à l’interface de Portainer, vous n’avez qu’à ouvrir un navigateur et ouvrir l’adresse suivante : https://<ip de l'hôte Docker>:9443. Vous devriez arriver sur une page similaire à celle ci-dessous, vous pouvez contourner l’avertissement lié au certificat auto-signé.

L’assistant “New Portainer installation” s’affiche alors à l’écran. Vous devez remplir le formulaire pour créer le compte administrateur principal de votre instance Portainer. Je vous encourage à utiliser un nom plus original que admin. Ce compte disposera de tous les privilèges sur l’application Portainer.

Une fois sur l’interface de Portainer et connecté à votre compte, vous n’aurez qu’à cliquer sur “Get Started” pour valider la connexion entre Portainer et l’instance Docker locale.

La page d’accueil affiche les environnements auxquels Portainer est lié. Ici, on peut voir qu’il y a uniquement l’instance Docker locale. Ce qui est déjà très bien pour débuter. La fiche associée à chaque environnement donne des informations sur sa configuration, le nombre de containers, le nombre d’images, etc. Pour gérer les conteneurs de cet hôte, il convient de cliquer sur le bouton “Live connect”.

Le menu latéral sert à naviguer dans les différentes briques de l’instance Docker connectée : stacks, containers, images, réseau, volumes, etc…

La gestion des conteneurs via Portainer s’effectue à plusieurs niveaux : Stacks et Containers. L’intérêt des stacks, c’est qu’elles mettent en évidence les conteneurs Docker connectés ensemble et rattachés à une même application, ce qui est le reflet de vos configurations Docker Compose.
Vous pouvez créer une nouvelle stack (via Docker Compose) directement à partir de l’interface Web. Le fait de créer la stack depuis Portainer offre des capacités de gestion supplémentaires, en comparaison d’une stack créée depuis la ligne de commande.

Si vous basculez sur l’entrée “Containers” dans le menu latéral, vous aurez une vue d’ensemble de l’état de tous les conteneurs. Bon, c’est un peu le chaos sur l’hôte Docker utilisé dans cet exemple, car il me sert uniquement à des fins de tests. Vous pouvez facilement visualiser l’état de santé des conteneurs, et notamment identifier ceux qui ont un problème.
Différents boutons d’action sont disponibles pour arrêter, démarrer, tuer ou redémarrer un ou plusieurs conteneurs Docker. Vous pouvez aussi supprimer un conteneur ou en ajouter un nouveau, le tout depuis l’interface Web. Si vous cliquez sur un conteneur, vous obtenez des détails sur sa configuration (Image, EntryPoint, etc.), les variables d’environnement et les labels.

Portainer CE permet aussi une gestion complète des images, des volumes et des réseaux. Cette vue d’ensemble est précieuse pour faire le tri sur son instance Docker, sans recourir aux commandes Docker. Dans le cas des images, celles qui ne sont pas utilisées sont associées à l’étiquette “Unused”. Vous pouvez aussi importer une image existante ou construire une image directement à partir de Portainer.

Par ailleurs, la section “Events” recense les derniers événements liés à vos conteneurs. Concrètement, à chaque fois que Docker crée, démarre, arrête, supprime, un conteneur, ça génère un nouvel évènement, tout comme les commandes exec exécutées au sein des conteneurs. On peut considérer cette section comme la télémétrie brute de Docker.

La fonctionnalité de modèles (Templates) de Portainer a une véritable valeur ajoutée : déployer des conteneurs applicatifs à partir de modèles prêts à l’emploi. C’est encore plus pratique pour ceux qui ont l’option “Copy as custom”, car vous avez la main sur plus de paramètres, y compris pour personnaliser le code Docker Compose. Avant d’entamer le déploiement d’un modèle, il est tout de même préférable de créer un réseau auquel rattacher le conteneur.

**Note **: vous pouvez créer vos propres templates à partir de vos stacks.
Il y a aussi des paramètres pour l’administration de la plateforme Portainer en elle-même. Vous pouvez accomplir les tâches suivantes :

Pour terminer, nous allons voir comment créer une nouvelle stack dans Portainer pour déployer une application via Docker Compose. À titre d’exemple, nous prendrons l’application PrivateBin, déjà présentée dans cet article : PrivateBin : comment déployer votre propre PasteBin sur un serveur ?
Cliquez sur “Stacks” dans le menu latéral, puis sur le bouton “Add stack”.

Vous devez nommer cette stack, comme ici app-privatebin. Le nom doit être en minuscules et tous les caractères ne sont pas autorisés. Vous devez ensuite choisir une méthode de build :

Ici, nous optons pour l’éditeur en ligne avec le code présenté ci-dessous. Adaptez à votre contexte et à votre application, notamment car ici je m’appuie sur un réseau existant. J’attire votre attention sur la gestion des volumes.
Quand je gère mes conteneurs en ligne de commande, j’ai l’habitude de créer un dossier par stack sous /opt/docker-compose/, d’y placer mon fichier Docker Compose et de créer à l’intérieur les dossiers pour la persistance des données. Ainsi, dans le cas de PrivateBin, je précise ceci : ./data:/srv/data. Sauf que dans le contexte de Portainer, vous devez préciser un chemin absolu depuis la racine pour bien cibler ce dossier, ce qui donne : /opt/docker-compose/app-privatebin/data:/srv/data. Sinon, Portainer va créer les volumes sous /var/lib/docker/volumes/.
De plus, vous devez créer manuellement cette structure (car elle est externe à Docker Compose) donc il est nécessaire de manipuler le Terminal. C’est le prix à payer pour utiliser Portainer tout en conservant une bonne organisation des volumes.
Voici l’exemple utilisé :
services: privatebin: image: privatebin/nginx-fpm-alpine restart: always read_only: true ports: - "8585:8080" volumes: - /opt/docker-compose/app-privatebin/data:/srv/data - /opt/docker-compose/app-privatebin/conf.php:/srv/cfg/conf.php:ro networks: nginx-net: external: true name: nginx-net
Ce qui donne :

D’autres options sont disponibles, notamment pour définir les variables d’environnement. Ce n’est pas toujours nécessaire, cela dépend de l’application. Créez la stack et patientez un instant. La nouvelle stack nommée app-privatebin est bien visible :

Dans les détails de la stack, vous pouvez éditer le fichier Docker Compose et obtenir des détails sur les conteneurs associés à cette stack.

L’application, quant à elle, est bien accessible, comme vous pouvez le constater.

Si vous modifiez la stack directement en ligne, vous pouvez facilement redéployer le conteneur avec vos modifications. C’est pratique de pouvoir le faire directement via Portainer en quelques clics.
Portainer apporte une vraie couche de confort pour administrer Docker (ou Docker Swarm ou Kubernetes). Sans être allergique à la ligne de commande, il permet de s’éloigner des commandes CLI pour des opérations quotidiennes. Il ne remplace pas Docker lui-même, car il vient se greffer dessus pour le piloter. L’avantage étant de pouvoir rapidement visualiser les conteneurs, déployer des stacks, explorer les logs ou encore surveiller l’activité de ses services. Que ce soit en production ou pour un Home Lab, Portainer est une solution intéressante si vous travaillez souvent avec Docker.
Vous pouvez approfondir le sujet en consultant la documentation :
Oui, Portainer Community Edition(CE) est gratuit et open source. Une version Business Edition existe avec des fonctionnalités avancées. Elle est également gratuite dans la limite de 3 nœuds à administrer.
Non. Portainer n’est pas un moteur Docker et il n’en intègre pas. Il se connecte à un moteur déjà présent, notamment Docker ou Docker Desktop, pour en faciliter l’administration. D’autres environnements comme Kubernetes, Docker Swarm et même Podman sont pris en charge.
Portainer n’est pas la seule solution capable de vous faciliter la vie pour administrer vos conteneurs Docker. On peut citer Dockge, qui est plus léger et pleinement orienté vers la gestion de stack Docker Compose. Dans un style différent, il existe aussi LazyDocker, une interface minimaliste directement accessible depuis le Terminal que vous pouvez utiliser pour gérer vos conteneurs Docker.
Oui. Même si le système d’exploitation DSM intègre une console de gestion des conteneurs nommée Container Manager, vous pouvez tout à fait déployer Portainer CE. Ainsi, vous pourrez gérer les conteneurs exécutés sur votre NAS par l’intermédiaire de Portainer.
Une fois Portainer déployé, l’accès se fait depuis votre navigateur via l’adresse IP de votre serveur suivie du port publié (port exposé côté hôte). Par défaut, l’interface HTTPS écoute sur le port 9443. L’URL suit donc la structure suivante : https://<IP_du_serveur>:9443. Lors de la première connexion, vous devrez créer le compte administrateur, puis connecter votre environnement Docker local (ou un environnement distant) pour commencer à gérer vos conteneurs.
Oui, Portainer permet de créer une stack à partir d’un fichier Compose (copier/coller dans l’éditeur en ligne ou import du fichier YAML), et de gérer ensuite les mises à jour de cette stack via l’interface web. Vous pouvez gérer une stack applicative et tous les conteneurs qui lui sont associés de façon centralisée. Mais, attention, le contrôle n’est pas identique entre les stacks existantes (créées hors Portainer) et celles créées par Portainer.
– Source : https://www.it-connect.fr/tuto-portainer-ce-outil-administration-docker/

Photo : Arnault Latronche
Il est difficile de cohabiter avec les grands mammifères sauvages, particulièrement en France. Le loup et l’ours font beaucoup parler d’eux, mais le sanglier, autrement plus discret, est peut-être plus problématique. Quel animal, autre que lui, est à la fois en pleine expansion et le gibier de choix, à la fois générateur de dégâts croissants et apparemment réfractaire à toute régulation ? Comment, longtemps réservé aux seigneurs, a-t-il pu récemment coloniser les banlieues d’une France trois fois plus habitée que sous l’Ancien Régime ? Son histoire constitue un révélateur des incohérences dont notre pays fait preuve en matière de gestion de la nature.
**Texte : Pierre Jouventin**, ancien directeur du laboratoire CNRS de Chizé
Texte publié initialement dans *Le Courrier de la Nature* n° 318, septembre-octobre 2019
Directeur de recherche en écoéthologie des oiseaux et mammifères pendant 40 ans, j’ai dirigé pendant près de 15 ans un laboratoire alors CNRS et spécialisé dans la faune sauvage. Une équipe étudiait le sanglier (Sus scrofa) et, participant à cette recherche, j’étais fasciné par les stratégies adaptatives de cet animal. Il dort le jour dans les fourrés et sort la nuit pour éviter l’humain, désormais son seul prédateur depuis le déclin du loup dont il était une des proies favorites. Ces dernières années, il a « compris » qu’il était moins en danger dans les banlieues urbaines que dans les campagnes où il est chassé. Opportuniste dans son régime alimentaire et doté d’un excellent odorat, il laboure le sol de son groin pour trouver des racines, des bulbes, des larves d’insectes mais il a de plus un impact fort sur la petite faune terrestre en consommant de petits mammifères. [1] En une nuit, une harde peut saccager une immense pelouse, un grand champ ou un terrain de football, surtout par temps sec quand les ressources se raréfient. Sa structure sociale est le matriarcat, comme chez les éléphants et les bovidés : les hardes comprennent plusieurs femelles avec leurs jeunes et les mâles ne sont tolérés que pendant la période d’accouplement. Par des analyses génétiques, nous avons pu montrer que les membres du groupe sont apparentés, les adultes étant sœurs ou mères et filles. Plus original, nous avons découvert que les femelles d’une même harde sont synchronisées dans leurs cycles reproducteurs : il s’agit d’une adaptation subtile à la vie nomade, toutes les naissances ayant lieu en même temps et l’immobilisation étant ainsi limitée au minimum.
La croissance démographique de cette espèce-proie est extraordinairement rapide pour sa taille. Sa reproduction, régulée par la température, est mise en pause par le froid en hiver et la chaleur en été. Aujourd’hui le changement climatique minimise le verrou hivernal, allongeant la période reproductive, et la déprise agricole fournit plus de couvert végétal propice à l’espèce ; mais l’explosion démographique des populations de sanglier en France date pourtant des années 1970 à 1990, avant que ces deux facteurs n’aient d’effet sensible. Sa cause probable est peu connue des non-spécialistes car pieusement cachée, bien que de vieux chasseurs responsables reconnaissent l’erreur de l’époque. Pendant cette période, les fédérations de chasse ont financé de grands élevages afin de relâcher les sangliers par milliers chaque année pour améliorer leurs tableaux de chasse, ce qui a dépassé leurs espérances… Il faut dire que le petit gibier de plaine avait presque disparu avec le déploiement de l’agrochimie et que les sociétés de chasse cherchaient un remplaçant avantageux pour satisfaire leurs adhérents. Aujourd’hui encore, des élevages de sangliers sont financés pour alimenter les réserves cynégétiques privées et on sait que la chasse française repose chaque année sur le lâcher de 20 millions d’animaux de différentes espèces, surtout des oiseaux, élevés dans ce but.
Le facteur qui a provoqué la pullulation que nous vivons n’est pourtant pas seulement ces lâchers en masse et renouvelés mais le fait que ces sangliers étaient volontairement croisés avec leurs descendants domestiques, les cochons, par ces éleveurs- chasseurs, d’où leur nom de « cochongliers ». Pourquoi avoir créé cette chimère ? Primo, les hybrides ressemblent plus à des sangliers qu’à des porcs, ce qui entretient la confusion. Secundo, les porcs sont des sangliers sélectionnés par l’être humain il y a 8 600 ans en Turquie pour être moins agressifs et surtout plus gras. Tertio et suite au même processus de domestication, les porcs sont devenus bien plus prolifiques que leurs ancêtres sauvages, notamment par leur maturité sexuelle plus précoce. Le comble est que beaucoup de sociétés de chasse donnent des consignes de tir sélectif afin d’épargner les reproductrices : les laies de plus de 40 kg ne peuvent pas être chassées. Les cochongliers se reproduisent donc plus vite que les sangliers qu’ils ont souvent remplacés !
Il est bien évident qu’avec une telle recette infernale (relâchers en masse, natalité multipliée et tirs sélectifs), les apprentis- sorciers ont été débordés mais comblés. Aujourd’hui dans la nature française, la majorité des sangliers sont des hybrides, comme il est facile de le prouver, non en décomptant les chromosomes, très variables, mais par des analyses ADN. En Corse par exemple, où s’était individualisée une race particulière, il n’existe plus aucun sanglier pur. C’est donc à une « pollution génétique » généralisée que les nemrods ont abouti, non sans avantage : la population française de sangliers est évaluée à 1,2 million, le tableau de chasse annuel étant passé de 50 000 en 1979 à officiellement 756 149 hors parcs et enclos, pour la saison 2017-2018.
Depuis fin 2018, la peste porcine africaine sévit à la frontière française. Les autorités belges ont d’ailleurs arrêté deux personnalités du monde de la chasse soupçonnées être à l’origine de la contamination, suite à un trafic de sangliers importés d’Europe de l’Est où la maladie sévit depuis quelques années. Or, leur transport et leur chasse en enclos sont interdits dans ce pays mais pas en France où une autre maladie sérieuse, la tuberculose bovine [2], a été découverte chez des sangliers en 2012 dans un parc de chasse marnais et encore en 2015 en Sologne. Des sangliers auraient également été importés de Pologne, pays touché par la peste porcine africaine, en France, pour des enclos de tirs, sans contrôle. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a verbalisé en mai 2019 près de Besançon un éleveur de porcs qui les faisait côtoyer avec ses cochongliers, tous séparés seulement par un grillage des suidés en liberté. Ces faits révèlent un manque de contrôles sanitaires des animaux importés de l’étranger ainsi que pour ceux circulant entre zones d’élevages et enclos de tir. Bref, par ricochet, la menace plane sur la filière porcine française dont les exportations représentent 40 % de la production. Un arrêté ministériel en date du 16 octobre 2018 impose des mesures de biosécurité contraignantes aux éleveurs porcins alors que la source du virus pourrait être d’origine cynégétique.

Un jeune sanglier reniflant un tronc à la recherche de nourriture. Photo : Régis Cavignaux
Ce n’est pas la première fois que notre espèce joue à l’apprenti-sorcier, mais elle essaie généralement de se corriger. Le chat domestique (Felis catus) venu d’Orient avec les croisés a presque remplacé le chat endémique (Felis silvestris) et il décime l’avifaune sur tous les continents (cf. n° 315, p. 19 à 21). Les amoureux des minets en ont pris conscience : avec des résultats variables, ils font de plus en plus stériliser les chats errants et leur font porter un collier à clochettes pour avertir les oiseaux !
Des sangliers ont été introduits dans bien des pays et, en Amérique du nord, où ils sont arrivés avec les Européens, ils représentent une plaie et sont régulés par des chasseurs aidés de chiens ou d’hélicoptères. En France au contraire et tout à fait légalement, les sociétés de chasse, surtout dans le midi, répartissent des abreuvoirs dans la nature, construisent des bassins en béton et alimentent en grain des nourrissoirs (agrainage) pour permettre aux cochongliers de se multiplier pendant les périodes de grand froid ou de fortes chaleurs qui auparavant les régulaient naturellement… Comment peut-on pratiquer avec la bénédiction des autorités le double langage qui consiste à se lamenter de la prolifération des sangliers et à favoriser publiquement leur pullulation artificielle ? À Montpellier où j’habite, une harde dort le jour dans une zone de fourrés à 500 mètres de chez moi et, la nuit, elle arrive par l’avenue pour défoncer mon grillage enterré et se régaler de mes olives ! Dans la garrigue à quelques kilomètres, je constate quotidiennement que les abreuvoirs, les bassins et les nourrissoirs sont approvisionnés par les sociétés de chasse. Les responsables cynégétiques justifient l’agrainage en racontant que nourrir les sangliers les cantonne et les éloigne des cultures. Au vu de la capacité de déplacement de cette espèce, comme de sa rapidité de reproduction et de croissance, le remède ne peut évidemment pas agir plus de quelques semaines avant la multiplication des dégâts provoquée par les rejetons… Ce sont moins des raisonnements à courte vue que des pièges destinés à duper les ignorants de la nature.

Deux sangliers dans le lac de Grand-Lieu en 2012. Photo : Jean-Marc Gillier
Il y a bien des années que j’ai pris conscience des incohérences de la gestion du sanglier, mais ce sont des évènements récents qui m’ont amené à faire paraître cet article. Je n’ai plus de responsabilité au Conseil d’administration de la SNPN et n’engage que moi. Mais étant membre du Conseil scientifique de la Réserve nationale de Camargue (RNNC), j’y ai appris, il y a deux ans, que le Président d’alors de la Fédération de chasse des Bouches-du-Rhône (FDC 13) menaçait d’un procès la SNPN : il fallait laisser les chasseurs piéger les sangliers qu’elle hébergeait ou bien payer tous leurs dégâts… Si les cochongliers pullulaient dans le secteur, c’était donc non leur faute mais celle des protecteurs de la nature qui leur avaient fourni des refuges pour échapper aux chasseurs responsables qui, eux, protégeaient les agriculteurs dans leurs champs et les automobilistes sur les routes ! Or le faible nombre de réserves naturelles et leur petitesse ne peut expliquer une telle pullulation qui a commencé lors des lâchers en masse : dans cette réserve par exemple, moins de 50 sangliers pourraient vivre alors que la Camargue en compte plus de 2 000… J’étais à la fois admiratif de ce rétablissement qui prenait pour boucs- émissaires les témoins de leur faute et indigné par cette imposture qui permettait de menacer des foudres de la loi un « rival » qui tâche de gérer scientifiquement la nature ! La RNNC a pourtant choisi la modération dans la tradition pacifique de sa tutelle, la SNPN, la plus ancienne association française de protection de la nature : elle a autorisé la mise en place, à titre expérimental, d’un piège-cage à proximité de la RNNC. Inutile de dire que la capture de cinq mâles et huit femelles n’a rien changé. D’ailleurs, une harde peut parcourir plusieurs kilomètres par nuit et un site d’agrainage de la FDC 13 se trouve à quelques centaines de mètres de la réserve…
Lors du Conseil scientifique de cette année 2019, nous avons appris que c’est l’autre réserve nationale gérée par la SNPN, englobant le lac de Grand-Lieu, qui est encouragée par l’administration de l’État à entreprendre des actions pour réduire le nombre de sangliers. Il ne s’agit donc plus d’un coup bas isolé mais d’une stratégie nationale de contrôle par les chasseurs des espaces nationaux protégés, ainsi que de désinformation des autorités et de l’opinion publique.
Le monde de la chasse est, il est vrai en ce moment, en position de force. Il a obtenu des avantages qu’aucun des gouvernements précédents, pourtant complaisants pour des raisons électoralistes, n’avait osé accorder (réouvertures des chasses présidentielles, « entraves à la chasse » lourdement sanctionnées par la loi, autorisation des silencieux, prise en charge par la collectivité de la moitié des droits de chasse ramenés à 200 € par an). Dans le même esprit que les menaces sur les réserves, les dirigeants cynégétiques veulent manifestement profiter de leur lien privilégié actuel avec le pouvoir pour exercer le monopole de la gestion de la nature puisqu’ils se considèrent eux-mêmes comme « les premiers écologistes de France », selon la campagne de communication de la Fédération nationale des chasseurs en août 2018.

Le cochonglier symbolise les incohérences françaises en matière de gestion de la nature. Photo : Régis Cavignaux
L’imposture des cochongliers est donc révélatrice de la mainmise en cours du monde de la chasse sur la nature dans notre pays. Ceci au moment où le réchauffement climatique s’aggrave et où la sixième extinction de masse est en cours avec l’effondrement du nombre d’animaux… Ce loisir morbide et contre-nature recrute cependant de moins en moins car il est d’un autre temps. Les jeunes sont de plus en plus sensibles à la cause animale et à la protection de la nature, manifestant devant les ministères pour réclamer des mesures en vue de limiter réellement le changement climatique et de garantir le maintien de la biodiversité. La moyenne d’âge des chasseurs est passée de 45 ans en 1983 à 65 ans aujourd’hui. Cette année, leur nombre va descendre au-dessous du million, pour la première fois depuis 1789. Combien seront-ils dans dix ans ? Les associations de protection des espaces et des espèces sont en train de se fédérer pour attaquer en justice les arrêtés préfectoraux « illégaux ». De plus en plus d’élus de tous bords commencent à comprendre l’indignation croissante des amoureux de la nature jusqu’alors peu engagés politiquement : 300 000 Français ont déjà signé les pétitions réclamant un dimanche sans chasse, 81% ne sont pas favorables à la chasse et 69 % la rejettent. Selon de récents sondages, 9 personnes sur 10 classent « important » le sujet de la protection animale, 4 sur 10 déclarent être incités à voter pour un candidat en fonction de ses propositions sur ce thème, 81 % des sondés désapprouvent les mesures du président Macron en faveur des chasseurs. Dans un contexte apocalyptique de changement climatique et d’érosion de la biodiversité, les cochongliers sont donc la preuve de l’incapacité actuelle de nos autorités à protéger la nature, ainsi que de la collusion entre politique politicienne et gestion de la chasse par une minorité en déclin, ce qui pose le problème de la représentation démocratique.
Les introductions animales sont considérées comme le deuxième facteur d’érosion de la biodiversité. Dans plusieurs îles comme par exemple celles de Polynésie française, des opérations d’éradication des chats et des rats sont en cours pour y porter remède, et certaines sont d’envergure comme en Nouvelle-Zélande et en Australie. À la même époque que celle des lâchers massifs de cochongliers en France métropolitaine, j’ai dû refuser d’éliminer les chats des Kerguelen, car la tâche aurait nécessité trop de personnel et de moyens dans une île grande comme la Corse. Mais mes équipes du laboratoire du CNRS de Chizé ont éliminé les 2 000 vaches issues d’un élevage abandonné par un fermier réunionnais parce que, n’ayant pour seul facteur limitant que la hauteur de l’herbe, elles avaient désertifié l’île Amsterdam. Elles étaient cadavériques et piétinaient les dix derniers nids de ce qui était alors confondu avec des grands albatros (Diomedea exulans). Avec l’aide financière de l’Europe, nous avons réhabilité la végétation et l’humus de cette île française [3] mais aussi sauvé de l’extinction cette population endémique de plus de 3 m d’envergure. L’albatros d’Amsterdam (Diomedea amsterdamensis) a aujourd’hui quintuplé sa population et nous l’avons décrit comme nouvelle espèce pour la science suite aux analyses ADN. [4] À 80 km de là, sur l’île Saint-Paul, nous avons de même éliminé les rats et les lapins introduits par les navigateurs, qui avaient appauvri considérablement la faune et la flore, ce qui nous a permis de décrire une nouvelle espèce endémique de pétrel et de la sauver aussi de l’extinction. [5] [6] Suite à un rendez-vous que j’ai pu obtenir grâce à Hubert Reeves avec la Ministre de l’écologie de l’époque Nelly Ollin, ces îles de l’océan Indien, les plus riches au monde en oiseaux marins, ont été classées réserve naturelle nationale en octobre 2006. Elles viennent d’être classées au patrimoine mondial de l’Unesco.
Source : snpn.com

Dès le matin, ça passe très bien 
@michmich Choron était pas mal aussi coté provocation lol
@Mister158 le je m’en foutre concernant les normes de sécurité les plus évidentes dans cette affaire me choque bien plus que cette une, bien que je la trouve assez mauvaise.
Et c’est aussi le seul que j’ai acheté (à Paris pour le salon Rétromobile 2015), ce qui ne m’empêche pas d’être Charlie, mais lui préférant parfois son ancêtre Hara-Kiri.
@RussianFighter je crains que tu n’ai pas lu mon post plus haut 
ça ne sert à rien de discuter, même si notre ami comprends, des milliers continueront à le faire pour avoir du ratio à l’oeil !