
La Xbox One, réputée particulièrement bien sécurisée à son lancement, aura résisté treize ans aux assauts des pirates avant de rendre les armes : un hacker vient de présenter la méthode grâce à laquelle il a réussi à faire exécuter le code de son choix au niveau du composant chargé du démarrage, en dépit des innombrables protections déployées. La vulnérabilité qu’il exploite est en théorie impossible à corriger, mais elle suppose une action matérielle sur la console.
La lutte contre le piratage a toujours été un enjeu crucial pour les fabricants de console, à plus forte raison quand ils sont également éditeurs de jeux vidéo. Et sur ce terrain, Microsoft a mis les bouchées doubles, particulièrement à partir de la Xbox 360. Lancée en 2005, celle-ci inaugurait un hyperviseur chargé d’empêcher l’exécution de code non signé.
Bien que ses défenses aient fini par tomber, la console a pendant vingt ans exigé une modification matérielle (ajout d’une puce dédiée) pour obtenir le fameux « jailbreak », qui permet d’outrepasser les limitations implantées par le constructeur (pour, par exemple, faire tourner des homebrews). Il a ensuite fallu attendre 2025 pour qu’un exploit logiciel surnommé Bad Update (hébergé sur Github) permette de prendre le contrôle au moyen d’une clé USB.
Entre temps, la Xbox One a remplacé la 360 dans le salon des joueurs, et Microsoft pouvait jusqu’ici se targuer d’une console à la sécurité inviolée. Bien qu’un certain nombre de manipulations dépassant le périmètre prévu par le constructeur aient été mises au jour pendant les douze années d’existence de la console, le hack ultime, celui qui donne le plein contrôle, échappait encore aux cyber crocheteurs.
La donne a changé grâce à Markus Gaasedelen, chercheur en cybersécurité : le 13 mars dernier, il a dévoilé lors de la conférence RE//verse 2026 la méthode matérielle grâce à laquelle, avec beaucoup d’obstination et un peu de chance, il a réussi à finalement pirater la console en réussissant à exécuter du code au niveau de la séquence de démarrage, avant même que l’hyperviseur ne s’enclenche. L’équivalent d’un « god mode », affirme-t-il, puisque le fait de casser la toute première des protections permet d’invalider toutes les suivantes. Cerise sur le gâteau, la vulnérabilité ne peut a priori pas être corrigée de façon logicielle, puisque le boot ROM de la console est immuable.
Un boot ROM conçu comme une « forteresse »
Côté logiciel, il aboutit à la conclusion que le code du boot ROM est « simple, linéaire et bien relu ». Autrement dit, il serait donc virtuellement inviolable, ce qui ne laisse qu’une possibilité : passer à une attaque matérielle. Pour ce faire, Gaasedelen s’intéresse en premier lieu à la méthode dite du Reset Glitch Hack, précisément celle par laquelle la Xbox 360 a pour la première fois été pleinement piratée en 2011, par un hacker français, GliGli.
La technique en question consiste à envoyer de très brèves impulsions électriques au processeur pour corrompre l’exécution d’une instruction et ainsi obtenir une modification du comportement attendu. Si elle était relativement simple à mettre en oeuvre sur Xbox 360, la donne est différente sur la Xbox One, dont le boot ROM a été conçu comme une « forteresse », estime le chercheur. Dans sa présentation, il explique notamment que Microsoft a verrouillé tous les accès qui permettaient soit de mesurer l’état d’avancement du processus ou d’obtenir les codes de diagnostic, soit de ralentir la séquence, pour mieux déterminer l’instruction à cibler.
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