Ce matin, un jeu où vos seules armes sont des sachets de magnésie, des pitons d’escalade et des cordes solides. Et surtout, un mental d’acier et l’envie d’être émerveillé par le monde.
Bienvenue dans “Cairn”, dernière production du studio français The Game Bakers. Après sa compilation de combats de boss (“Furi”) et son simulateur de vie de couple sur une planète extraterrestre (“Haven”), le studio continue à appliquer sa politique “jamais deux fois la même chose” avec un jeu vidéo d’escalade. Un choix un peu étrange car l’escalade, dans le jeu vidéo, c’est souvent un simple détail des capacités de votre personnage : en gros, soit il ne peut pas grimper à un mur, soit il peut le faire et dans 99% des cas, il suffit de pousser le joystick vers l’avant pour commencer son ascension tranquillou.
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“Cairn”, c’est tout l’inverse. L’escalade n’est pas un élément de gameplay anecdotique : c’est presque tout le jeu.
L’ascension d’une vie
Celle du Mont Kami, intimidant géant de pierre, de végétation et de glace dont personne n’a jamais réussi à atteindre le sommet vivant. Jusqu’à maintenant, en tout cas, puisque votre personnage, Aava, compte bien être la première. Grimper là où personne n’a jamais grimpé, voir ce que personne n’a jamais vu.
Aava se lance dans cette aventure (à la limite du suicide) avec un sac à dos, une gourde, des pitons et un assistant robot, Climbot, chargé de récupérer son matériel ou d’installer le bivouac. Et c’est au fil de la montée qu’on comprendra, par bribes, ce qui l’obsède dans cette expédition.
Elle y croisera aussi les traces d’une civilisation éteinte, dont les membres ont préféré quitter leurs habitations troglodytes pour rejoindre le niveau du sol et la modernité, laissant derrière eux des temples, des peintures rupestres et des regrets.
Une mécanique de jeu maline, fluide et satisfaisante
“Cairn” n’est pas seulement un simulateur d’escalade…Mais il pourrait presque s’en contenter, tant sa mécanique de jeu est maline, fluide et satisfaisante. Vous contrôlez les quatre membres d’Aava et vous devez choisir où placer vos mains et vos pieds pour progresser… Certaines prises sont sûres, d’autres plus audacieuses. C’est vous qui décidez par où attaquer, et par où continuer : dans “Cairn”, il faut savoir autant anticiper que changer d’avis en urgence pour se sortir d’un mauvais pas. Le résultat, c’est un sentiment de liberté incroyable : on peut miser sur un départ difficile permettant d’atteindre une portion plus aisée ensuite, ou au contraire préserver ses forces pour atteindre une section plus courte mais plus dangereuse…
Le jeu vous fait aussi ressentir physiquement ce que cette ascension coûte à Aava : les crevasses sur les doigts, le sang séché sur les bandelettes qui protègent ses membres, la faim et la soif, les cris de douleur ou de frustration à chaque erreur.
L’escalade comme expérience et moteur de la narration
Des cris que vous pousserez peut-être vous aussi dans votre salon. Mais les efforts que vous demande Cairn font partie intégrante de sa narration, vous laissant écrire votre propre récit de l’ascension de Kami. Le jeu interroge le sens de l’effort, de la récompense, comme lorsqu’Aava s’indigne que son éphémère compagnon de route Marco soit heureux en ne grimpant quelques centaines de mètres juste pour la vue, quand pour elle, seul compte le sommet.
Jeu de sensations et d’émotions fortes, “Cairn” est l’un des rares jeux à pouvoir offrir ce “sentiment d’éternité” que cherche tant Aava, à chaque étape importante franchie dans le jeu. Et si je devais le résumer en une phrase, ce serait celle que j’ai souvent prononcée en jouant : “Je ne pensais pas que j’allais y arriver.”
“CAIRN” - Disponible sur GOG, Steam, Epic Store et PlayStation 5
Source : radiofrance.fr