Ray Harryhausen, le magicien du stop-motion
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Quand on parle d’effets spéciaux avant l’ère numérique, un nom revient toujours : Ray Harryhausen (1920–2013). Véritable artisan de l’imaginaire, il a marqué des générations de spectateurs avec ses créatures animées image par image (stop-motion), une technique demandant une patience et une précision infinies.
À une époque où il n’existait ni CGI ni logiciels de post-prod, Harryhausen a façonné des monstres, dieux, squelettes ou dinosaures qui semblaient prendre vie à l’écran. Ce mélange de passion, de minutie et de créativité a fait de lui une légende du cinéma fantastique.Derrière la magie : l’artisan patient.
Ce qui rend l’œuvre de Ray Harryhausen si fascinante, ce n’est pas seulement l’imaginaire qu’il a su créer, mais aussi la patience démesurée qu’exigeait sa technique. Le stop-motion repose sur un principe simple en apparence : déplacer légèrement une figurine, prendre une photo, puis recommencer encore et encore… jusqu’à obtenir un mouvement fluide.
Mais en pratique, chaque seconde d’animation demandait 24 images distinctes, et donc des heures de concentration minutieuse. La célèbre bataille des squelettes dans Jason et les Argonautes a nécessité plus de 4 mois de travail acharné pour quelques minutes de film !Harryhausen travaillait souvent seul, dans des conditions dignes d’un horloger, imaginant ses créatures, les sculptant, les animant image par image, et coordonnant leur interaction avec les acteurs réels. Une prouesse technique et artistique qui, au-delà de la performance visuelle, transmet surtout un sentiment rare aujourd’hui : celui d’un art entièrement façonné à la main.
Comme il aimait le dire lui-même : “J’ai toujours voulu rendre l’impossible… possible.”
Les films incontournables de Ray Harryhausen (par ordre d’importance)
Voici une sélection classée de ses œuvres majeures, celles qui témoignent le mieux de son génie et qui restent à (re)découvrir aujourd’hui :
1. Jason et les Argonautes (1963)
Son chef-d’œuvre absolu. La fameuse scène des squelettes guerriers reste un monument de l’histoire du cinéma.
La scène mythique où sept guerriers squelettes surgissent du sol pour affronter Jason : un monument du genre. Cette séquence en particulier a demandé plus de 4 mois de travail à Harryhausen. Wikipédia
2. Le Choc des Titans (1981)
Son dernier grand film, avec des créatures mythiques comme Médusa ou le terrible Kraken. Une véritable vitrine de son savoir-faire.
La terrifiante apparition de Médusa, illuminée comme « Joan Crawford l’aurait voulu » selon Harryhausen, reste l’une des créatures animées les plus reconnaissables de l’histoire du cinéma. Wikipédia
3. Le Septième Voyage de Sinbad (1958)
Le film qui l’a fait entrer dans la légende : cyclope, dragon, serpent marin… Un festival de créatures inoubliables.
En 2008, le film est sélectionné par Le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». Wikipédia
4. Les Premiers Hommes dans la Lune (1964)
Adaptation de H.G. Wells, avec les étranges Sélénites et une ambiance rétro-futuriste délicieuse.
Ce film est plus proche de la science-fiction de Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune), ou même celle du Baron de Münchhausen, que de celles de Kubrick (2001 : l’odyssée de l’espace) ou G.Lucas (Star Wars). Le propos n’est pas de chercher le réalisme scientifique ni même le vraisemblable. C’est une fantaisie, mais qui tout de même amène à se poser des questions sur le bien-fondé du désir d’expansion géographique de l’Homme, et de sa propension à s’approprier systématiquement et hâtivement toute terre qu’il croit « découvrir », alors qu’elle est déjà habitée. Il est aisé d’y voir une allégorie de la conquête de l’Amérique par les Européens, qui apportèrent avec eux les fléaux (l’alcool, les maladies entre autres vénériennes…) qui décimeront les peuples amérindiens. Wikipédia
5. Le Voyage fantastique de Sinbad (1973)
Continuation de la saga avec la fameuse déesse Kali aux six bras qui danse et se bat avec des épées : une séquence culte d’où l’envie de vous faire cet article. (revu sur Action hier.)
6. La Vallée de Gwangi (1969)
Quand le western croise les dinosaures ! Un mélange improbable mais réussi, avec un T-Rex inoubliable.
« Et vous, quel est votre souvenir préféré d’un film de Ray Harryhausen ? »
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Ce mec a tellement apporté au cinema.
Merci pour ta contribution.
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Jason et les Argonautes, Le septième voyage de Sinbad, Le choc des titansqu’est ce que je kiffai ces films (le stop motion y a joué largement).
¡Muchas Gracias! @patricelg pour ce dossier et surtout la mise en page
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J’ai toujours eu de la peine à adhérer à ce genre d’animation, y compris les gozilla, mothra et autres films d’époque, pour moi la révélation s’est vraiment produite avec le premier jurassic park en 25 images secondes, irréalisable avec la pâte à modeler, même si j’adore wallace et gromit ainsi que chicken run, surtout grâce à leur humour.
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Un long doc que j’avais maté a montré (au vu des témoignages des gens qui ont taffé sur Jurassic Park) que Terminator 2, et grâce à ses outils, a révolutionné la chose qui a fait qu’on a eu par la suite Jurassic Park
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Oui Ray est vraiment le premier mec qui a créé les effets spéciaux. Ce monsieur est unique.
Complètement d’accord avec toi @Psyckofox tout ses films sont uniques et j’ai pris beaucoup de plaisirs a les regarder.
Qu’on aime ou pas, RH est le monstre sacré des SFX. Il n’y a pas même pas matière à discussion
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Et le stop motion ça prend beaucoup de temps…c’est du taf quand même et quand tu vois le résultat t’es quand même un peu sur le cul
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Tout à fait, il faut avoir une sacré patience pour réaliser les sculptures et les captures en stop-motion.
Pour ma part la scène des squelettes m’avait marquée quand je l’avais vu enfant. Mélange de frayeur et fascination de cette animation et avec l’âge, j’apprécie davantage (même si ça a bien vieilli) de regarder à nouveau juste pour le résultat de l’énorme travail, pour l’époque, je dirais même prouesse.