La lune, future guerre des étoiles ?
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@Psyckofox en même temps quand tu regardes la lune, tu as forcement du recul face à cette dernière.
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Trop tard, les nazis y sont déjà. Plus sérieusement, 89 ans et encore actif à des projets dont il est certain qu’il n’en verra jamais les aboutissants…
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Décollage imminent pour une fusée de Blue Origin qui doit simuler la gravité lunaire
ça fuse Pour sa 29e mission, ce mardi soir, la fusée New Shepard embarque 29 expériences, dont 17 soutenues par la Nasa, qui subiront une gravité lunaire simulée pendant deux minutes.
On n’arrête plus Blue Origin. Après le premier vol réussi de sa fusée New Glenn, le 16 janvier, l’entreprise fondée par Jeff Bezos s’apprête à lancer, ce mardi à 17h30 depuis le Texas, sa New Shepard, elle bien rodée. Pour sa 29e mission suborbitale, sobrement nommée NS-29, la fusée réutilisable, développée pour emmener des touristes dans l’espace, embarque 30 expériences scientifiques pour leur faire subir une gravité lunaire simulée, une première pour Blue Origin.
Une fois la capsule séparée du lanceur, elle utilisera ses propulseurs pour tourner sur elle-même et effectuer « environ 11 tours par minute », simulant ainsi « un sixième de la gravité terrestre » – soit l’équivalent de la gravité de notre satellite – en son centre pendant environ deux minutes, indique l’entreprise dans son descriptif de la mission (en anglais). Une nouvelle capacité que Blue Origin pourrait utiliser « pour imiter de près la gravité de Mars et d’autres planètes du système solaire dans le futur », s’est réjoui Dave Limp, PDG de Blue Origin, sur X.
Tester des technologies sans aller sur la Lune
Cette gravité lunaire doit permettre aux clients des 29 charges utiles de la capsule (la 30e, placée sur le booster, sera exposée à « l’environnement spatial ambiant ») « d’accélérer leur apprentissage et l’état de préparation de leurs technologies à moindre coût ». Six grands domaines de technologie lunaire doivent être explorés grâce aux différentes expériences : l’utilisation des ressources in situ, la réduction de la poussière, les systèmes d’habitation habités, l’instrumentation et les capteurs, la technologie des petits engins spatiaux et la phase de descente et d’alunissage.
Parmi ces expériences, 17 ont été soutenues par le Space Opportunities Program de la Nasa, qui a contribué au financement et à l’achat d’espace pour les charges utiles, le tout dans l’objectif d’investir stratégiquement dans l’industrie spatiale américaine. Ces vols en gravité lunaire simulée sont aussi utiles pour l’agence spatiale, qui pourra bénéficier des résultats des tests de technologies essentielles au programme Artemis de retour sur la Lune, à l’exploration planétaire et aux missions spatiales commerciales.
Sur une note moins scientifique, la mission NS-29 emmène aussi dans l’espace « des milliers » de cartes postales pour le compte du Club for the Future, une fondation de Blue Origin qui veut inspirer les jeunes générations à se lancer dans une carrière scientifique. Ces cartes seront ensuite tamponnées avec la mention « A volé dans l’espace » et renvoyées à leur auteur. Avant de pouvoir dire, bientôt, « A été sur la Lune » ?
Sympa, la carte postale, un peu comme la lettre que vous pouvez faire envoyer aux enfants par le village du père noël à rovianemi…
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«Guerre des étoiles»: la Russie voit rouge face aux ambitions américaines
La Russie a critiqué vendredi le projet du président américain Donald Trump de construire un bouclier anti-missile similaire au «Dôme de fer» israélien. Elle y voit un plan «comparable à la guerre des étoiles» soutenu par Ronald Reagan durant la Guerre froide.
«Nous considérons qu’il s’agit là d’une nouvelle confirmation de l’intention des Etats-Unis de faire de l’espace une arène de confrontation armée et d’y déployer des armes», a dénoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors d’un point-presse.
«Guerre des étoiles»
«Souvenez-vous de l’‘initiative de défense stratégique’», a-t-elle dit, qualifiant d’"odieux» ce plan voulu par le président américain Ronald Reagan dans les années 1980.
Ce projet de défense anti-missile, surnommé «guerre des étoiles» en référence à la célèbre trilogie cinématographique, était destiné protéger les Etats-Unis contre une potentielle frappe nucléaire stratégique en déployant notamment des moyens en orbite autour de la Terre.
Il avait été rendu public en 1983, en pleine course spatiale et à l’armement entre l’URSS et les Etats-Unis, dans le contexte de la Guerre froide.
Source et plus: https://www.bluewin.ch/fr/infos/international/moscou-critique-le-projet-am-ricain-de-bouclier-anti-missile-2542850.html
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@duJambon a dit dans La lune, future guerre des étoiles ? :
Il avait été rendu public en 1983, en pleine course spatiale et à l’armement entre l’URSS et les Etats-Unis, dans le contexte de la Guerre froide.
Et c’est l’une des nombreuses causes de l’effondrement de l’URSS.
Reagan bluffait, mais leur avait quand même mis profond.
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Le prochain explorateur lunaire privé est en orbite pour un alunissage ce week-end
L’atterrisseur à envoyé un selfie
On peut même voir un croissant de terre montante sur l’imageLes contrôleurs au sol de Firefly Aerospace espèrent que leur vaisseau spatial robotique, nommé Blue Ghost, deviendra la deuxième mission commerciale à achever un atterrissage en douceur sur la lune, après celui d’un vaisseau spatial par des machines intuitives l’année dernière. Il s’agit de la première mission lunaire pour Firefly Aerospace, une entreprise créée en 2014 pour développer un petit lanceur de satellites.
Source et plus: https://arstechnica.com/science/2025/02/the-moons-next-robotic-visitor-is-lining-up-for-landing-this-weekend/
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Ce serait bien que l’alunissage se passe bien. 1/ Ça prouverait que le pognon ne fait pas tout et 2/ C’est Markusic le patron de Firefly Aerospace. C’est un caillou incrusté dans les chaussures de Musk.
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Firefly doit se poser ce matin à 08H34 GMT.
Son module Blueghost devrait permettre aux scientifiques d’étudier la poussière lunaire ou encore la «caractérisation de la structure et des propriétés thermiques de l’intérieur de la Lune», avait expliqué une responsable de la Nasa en amont de son lancement.
Une fois sur la Lune, Blue Ghost fonctionnera pendant 14 jours terrestres et devrait notamment immortaliser au cours de son séjour un crépuscule ainsi qu’une éclipse totale lunaire, un événement survenant quand l’astre passe dans l’ombre de la Terre.
Il s’agira de la première tentative de Firefly Aerospace de poser un engin sur la Lune. Si elle y parvient, elle deviendra la deuxième entreprise à le réussir, après sa voisine Intuitive Machines.
Cette autre société texane espère elle reproduire jeudi son exploit avec Athéna, un engin de plus de 4 mètres de haut qui a emprunté une trajectoire bien plus directe que Blue Ghost et doit se poser sur le pôle Sud de la Lune, objet de nombreuses convoitises car il s’y trouve de l’eau sous forme de glace.
Elle transporte divers objets dont un engin destiné à mettre en place un réseau cellulaire sur la Lune, une autre foreuse, et un petit robot capable de bondir et d’aller ainsi explorer des zones difficiles d’accès.
La première sonde d’Intuitive Machines, Odysseus, avait réussi à se poser début 2024, mais elle avait cassé au moins l’un de ses six pieds lors de l’alunissage, en raison d’une défaillance de son système de navigation l’ayant conduit à s’approcher trop vite.
L’entreprise dit avoir réalisé depuis des ajustements pour permettre un alunissage tout en contrôle. Se poser sur la Lune est toutefois loin d’être une mince affaire, rappellent les experts, en raison notamment de l’absence d’air permettant de ralentir la descente.
Une autre sonde japonaise, de la société ispace, est également en route vers l’astre et devrait tenter d’y alunir au printemps.
Les deux appareils américains doivent permettre à la Nasa d’approfondir ses connaissances sur la Lune, où elle espère renvoyer d’ici quelques années des astronautes via son programme phare Artémis.
L’agence a choisi de charger des sociétés privées, dont ces deux entreprises texanes, de l’envoi de matériel et de technologies sur la Lune – via un programme baptisé CLPS destiné à faire baisser les coûts des missions.
Ces deux missions rapprochées surviennent alors que les incertitudes autour du programme Artémis ne cessent de croître, le président Donald Trump s’étant montré sceptique sur l’utilité de repasser par la Lune avant d’aller sur Mars.
La tentative en direct (avant 9h34 en france aujourd’hui) :
Engin posé !
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Une vue de la Terre au-dessus de la lune vu par le Blue Ghost Moon Lander au Mare Crisium après l’atterrissage. L’ombre de la sonde est visible au centre. (Crédit d’image: Firefly Aerospace) -
Plus que 9 heures pour le prochain alunissage en direct:
https://plus.nasa.gov/scheduled-video/intuitive-machines-2-lunar-landing/
Ça devrait devenir intéressant vers 19h00 (en europe).
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Toute comme pour starship, l’histoire se répète également pour intuitive machine
La sonde américaine s’est probablement inclinée sur la Lune
La sonde de l’entreprise américaine Intuitive Machines n’a probablement pas aluni à la verticale comme prévu ce mardi.
L’entreprise américaine Intuitive Machines a annoncé jeudi que sa sonde s’étant posée un peu plus tôt sur la Lune n’avait probablement pas aluni à la verticale comme espéré, une déconvenue qu’elle avait déjà connue l’an passé.
«Nous ne pensons pas avoir la correcte orientation à la surface de la Lune», a déclaré Steve Altemus, directeur général de l’entreprise texane, lors d’une conférence de presse commune avec la Nasa, pour qui la sonde transportait des instruments.
Déjà-vu
Une annonce aux airs de déjà-vu: début 2024, Intuitive Machines avait déjà réussi à poser un engin sur la Lune, devenant la première société privée à réussir une telle prouesse, mais sa sonde s’était toutefois retrouvée inclinée et abîmée après une descente mouvementée.
Si l’entreprise et l’agence ont confirmé que cette nouvelle sonde, nommée Athena, s’était posée jeudi sur la surface lunaire autour de 18 h 30 heure suisse, le lieu précis de son alunissage et son état opérationnel sont encore en cours d’évaluation. En réaction, l’action d’Intuitive Machines a chuté de 20% sur les marchés.
Le fait que l’appareil puisse être incliné pourrait conduire, entre autres, à une production d’énergie moins élevée que prévue, a prévenu Steve Altemus. Ce qui aurait pour effet de limiter les expériences et démonstrations que l’entreprise et la Nasa ambitionnaient de mener.
Futures missions humaines
Les manœuvres d’alunissage sont extrêmement complexes, en raison notamment de l’absence d’atmosphère, qui rend les parachutes inopérants. Avant qu’Intuitive Machines n’y parvienne en février 2024, seule une poignée de pays, à commencer par l’Union soviétique en 1966, y étaient parvenus.
Dimanche, une autre entreprise texane, Firefly Aerospace, a réussi cette opération en faisant alunir sans encombre sa sonde Blue Ghost, également envoyée pour le compte de la Nasa.
L’agence spatiale américaine a choisi il y a plusieurs années de charger le secteur privé de l’envoi de matériel et de technologies sur la Lune afin de faire baisser le coût des missions et d’accélérer leur cadence.
Un robot bondissant
Haute de plus de 4 mètres, Athena transporte plusieurs instruments scientifiques destinés notamment à forer le sol à la recherche d’eau et d’autres ressources.
À bord également: un petit robot nommé Grace – en l’honneur de la mathématicienne américaine Grace Hopper – capable de bondir et ainsi d’explorer des zones difficiles d’accès.
Un autre engin doit tester la mise en place d’un réseau cellulaire 4G. Autant d’expériences destinées à approfondir les connaissances scientifiques et à préparer le terrain pour de futures missions humaines, dans le cadre d’Artémis, le programme phare de la Nasa.
Ambitions spatiales
La sonde Athena visait un alunissage sur un terrain montagneux, à environ 160 kilomètres du pôle Sud de la Lune, objet de nombreuses convoitises car on y trouve de l’eau sous forme de glace. En 2023, la sonde indienne Chandrayaan-3 était devenue la première au monde à alunir dans cette région. L’entreprise et la Nasa envisageaient initialement de mener des expériences «pendant environ dix jours avant que la nuit lunaire ne s’installe sur le pôle Sud de la Lune, rendant Athena inutilisable».
Ce nouvel alunissage américain survient au moment où les incertitudes autour du programme Artémis ne cessent de croître du fait du scepticisme manifesté par le président Donald Trump sur l’utilité de repasser par la Lune avant d’aller sur Mars. Le républicain a répété mardi soir au Congrès sa volonté de planter le drapeau américain sur la planète rouge.
Le programme Artémis, victime de retards et de complications, a pour objectif d’établir une présence humaine durable sur la Lune, alors que d’autres pays, à commencer par la Chine, grande puissance rivale des États-Unis, ambitionnent également d’y envoyer des hommes et d’y construire une base dans les prochaines années ou décennies.
Poser correctement un engin plus haut que large sur un sol accidenté avec un centre de gravité aussi élevé, c’est un vrai défi. Vont-ils persister dans cette voie ?
Athena Lander de Machines intuitive a capturé cette image lors de sa tentative d’atterrissage près du pôle Sud de la Lune le 6 mars 2025. (Crédit d’image: NASA TV)Ulysse est arrivé un peu trop vite lors de sa précédente descente de février 2024, brisant une de ses jambes et faisant basculer à mi-chemin sur son côté, une configuration qui a entravé sa capacité à communiquer avec la Terre. Bien que davantage de données soient nécessaires à analyser pour tout comprendre, quelque chose de similaire est apparemment arrivé à Athena, a déclaré Altemus.
Source et beaucoup plus: https://www.space.com/the-universe/moon/intuitive-machines-lands-private-athena-lander-near-moon-south-pole-historic-touchdown
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Après moins d’une journée, l’ atterrisseur Athena est mort sur la Lune
« La mission est terminée et les équipes continuent d’évaluer les données collectées. »
Une journée sombre, mais pas la fin
« Après l’atterrissage, les contrôleurs de mission ont pu accélérer plusieurs étapes du programme et de la charge utile, y compris la suite PRIME-1 de la NASA, avant que les batteries de l’atterrisseur ne s’épuisent », a indiqué la société dans un communiqué. Cependant, cela signifie probablement que la société a pu contacter l’instrument mais n’a pas pu effectuer d’activités scientifiques significatives.
La NASA a reconnu que ces missions commerciales sur la Lune étaient à la fois risquées et très gratifiantes ( l’atterrissage réussi de Firefly le week-end dernier en est un exemple). Elle verse aux entreprises, en moyenne, 100 millions de dollars ou moins par vol. C’est une fraction de ce que la NASA paierait dans le cadre d’un programme d’approvisionnement traditionnel. L’espoir est qu’après avoir survécu à des échecs initiaux, des entreprises comme Intuitive Machines apprendront de leurs erreurs et ouvriront une voie peu coûteuse et fiable vers la surface lunaire.
Malgré tout, cet échec est douloureux pour la NASA et Intuitive Machines. L’agence spatiale a perdu des résultats scientifiques précieux et Intuitive Machines a fait un pas en arrière avec cette mission au lieu d’avancer comme elle l’espérait.
Heureusement, il est peu probable que cela soit la fin de l’entreprise. La NASA s’est engagée à effectuer une troisième et une quatrième mission sur l’atterrisseur d’Intuitive Machines, la prochaine pouvant avoir lieu au cours du premier trimestre 2026. La NASA a également signé un contrat avec l’entreprise pour construire un petit réseau de satellites autour de la Lune pour les services de communication et de positionnement. Ainsi, même si la situation de l’entreprise semble sombre aujourd’hui, elle n’est pas en permanence dans l’ombre comme les cratères de la Lune que la NASA espère bientôt explorer.
Source: https://arstechnica.com/space/2025/03/after-less-than-a-day-the-athena-lander-is-dead-on-the-moon/
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@duJambon Il y a pas que la sonde qui s’est inclinée.
PS: tu pourras virer ce HS après lecture, c’était trop tentant.
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La mission blueghost de firefly est maintenant achevée
L’antenne de communication en bande X de Firefly (à gauche) arbore les logos de la NASA et de Firefly Aerospace, ainsi que le drapeau américainLa station scientifique Blue Ghost de Firefly Aerospace a accompli de nombreuses tâches sur la Lune ces deux dernières semaines. Ses instruments ont notamment foré la surface lunaire, testé un aspirateur extraterrestre et démontré que de futures missions pourraient utiliser les signaux de navigation GPS pour naviguer sur la surface lunaire.
Il s’agit de réalisations importantes, qui permettent de recueillir des données susceptibles d’éclairer la formation et l’évolution de la Lune, de démontrer de nouvelles façons de collecter des échantillons sur d’autres planètes et de révéler la portée remarquable du réseau de satellites GPS de l’armée américaine.
Mais le clou de la première mission lunaire de Firefly pourrait bien être la dose quotidienne d’images envoyées par la sonde Blue Ghost. Un ensemble de caméras a enregistré le nuage de poussière créé par le panache du moteur de l’atterrisseur qui a emporté la couche supérieure du sol lunaire lors de son atterrissage le 2 mars dans la Mare Crisium, ou Mer des Crises. Cet endroit se trouve dans un bassin plat situé dans le quadrant supérieur droit de la face de la Lune toujours tournée vers la Terre.
D’autres images prises par l’atterrisseur de Firefly montrent l’engin projetant des électrodes captives sur la surface lunaire, tel un joueur de baseball tentant d’éliminer un coureur au marbre. Les caméras de Firefly montrent également la foreuse de l’atterrisseur alors qu’elle commence à sonder la croûte lunaire à plusieurs mètres de profondeur.
La première mission Blue Ghost s’inscrit dans le cadre du programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services) de la NASA, lancé en 2018 en partenariat avec des entreprises américaines pour le transport de fret vers la Lune. Firefly est l’une des 13 entreprises éligibles pour concourir aux missions CLPS, précurseurs des futurs atterrissages d’astronautes sur la Lune dans le cadre du programme Artemis de la NASA.
Firefly se retrouve désormais en tête du peloton des entreprises cherchant à prendre pied sur la Lune.
Blue Ghost s’est posé juste après le lever du soleil à Mare Crisium, un événement visible dans la vidéo du souffle capturée par quatre caméras montées sur l’atterrisseur pour observer l’interaction du panache de son moteur avec le sol meuble de la surface lunaire. Ces informations seront utiles à la NASA pour l’atterrissage d’astronautes sur la Lune dans les années à venir.
« Bien que les données soient encore préliminaires, les plus de 3 000 images que nous avons capturées semblent contenir exactement le type d’informations que nous espérions afin de mieux comprendre l’interaction panache-surface et d’apprendre à modéliser avec précision le phénomène en fonction du nombre, de la taille, de la poussée et de la configuration des moteurs », a déclaré Rob Maddock, chef de projet pour l’expérience SCALPSS de la NASA.
L’une des charges utiles du véhicule, baptisée Lunar PlanetVac, s’étendait depuis le bas de l’atterrisseur et libérait un jet de gaz pour projeter du sol lunaire à grains fins dans une chambre de collecte afin d’être tamisé. Fourni par la société Honeybee Robotics, ce dispositif pourrait constituer une alternative plus économique aux autres méthodes de collecte d’échantillons, comme les bras robotisés, lors de futures missions de science planétaire.
Après deux semaines de travaux pionniers, l’atterrisseur Blue Ghost a sombré dans l’obscurité dimanche, lorsque le Soleil est passé sous l’horizon, le privant d’énergie solaire et faisant chuter les températures sous les -200 °F (148 °C). L’électronique interne du vaisseau spatial ne survivra probablement pas à cette nuit lunaire de deux semaines.
Un message précodé de Blue Ghost a marqué le moment dimanche après-midi, signalant une transition vers le « mode monument ».
« Bonne nuit, mes amis », lança Blue Ghost par radio au centre de contrôle de mission de Firefly, au centre du Texas. « Après avoir échangé nos dernières données, je veillerai ici, dans la Mare Crisium, pour observer la poursuite du voyage de l’humanité vers les étoiles. Ici, je survivrai à vos plus grands fleuves, à vos plus hautes montagnes, et peut-être même à votre espèce telle que nous la connaissons. »
Dans un communiqué, Firefly a déclaré avoir atteint 100 % de ses objectifs pour la mission Blue Ghost. L’atterrisseur a fonctionné un peu plus de cinq heures après le début de la nuit lunaire, et le centre de contrôle de Firefly a reçu les données finales de la mission vers 19h15 HAE (23h15 UTC) dimanche.
« Après un alunissage sans faille, l’équipe Firefly est immédiatement passée aux opérations de surface afin de garantir que les dix charges utiles de la NASA puissent recueillir un maximum de données scientifiques pendant la journée lunaire », a déclaré Jason Kim, PDG de Firefly Aerospace. « Nous sommes extrêmement fiers des démonstrations réalisées par Blue Ghost, du suivi inédit des signaux GPS sur la Lune au forage robotisé et à la collecte de données scientifiques plus profondes que jamais auparavant. »
L’héritage de Blue Ghost est désormais assuré : il s’agit du premier atterrisseur lunaire commercial pleinement réussi. Sa mission de deux semaines fut peut-être aussi remarquable par ses échecs que par ses succès. Le vaisseau spatial n’a rencontré aucun problème majeur lors de son transit vers la Lune, de sa descente finale ou de ses opérations de surface.
L’une des rares surprises de la mission fut que l’atterrisseur a commencé à chauffer un peu plus tôt que prévu par les ingénieurs. À midi lunaire, lorsque le Soleil est au plus haut dans le ciel, les températures peuvent grimper jusqu’à 121 °C.
« Nous avons remarqué que l’atterrisseur devenait plus chaud que prévu, sans vraiment comprendre pourquoi, car il était un peu tôt pour le midi lunaire », a expliqué à Ars Ray Allensworth, directeur du programme spatial de Firefly. « Nous avons donc procédé à une évaluation et réalisé que le cratère à côté duquel nous avons atterri reflétait en réalité une quantité de chaleur très importante. Nous avons donc mis à jour nos modèles thermiques, y avons intégré ce cratère, et cela correspondait à l’environnement observé. »
Tôt vendredi matin, la sonde Blue Ghost a capturé les premières images haute définition d’une éclipse solaire totale depuis la Lune. Au moment même où les observateurs terrestres levaient les yeux pour voir la Lune se teinter d’un rouge sang inquiétant, les caméras de Firefly nous observaient tandis que le Soleil, la Terre et la Lune s’alignaient et que l’obscurité tombait sur Mare Crisium.
Bague en diamant
L’éclipse a été un véritable bonus pour Firefly. Elle s’est produite par hasard pendant la mission lunaire de deux semaines de la sonde, dont le moment dépendait de nombreux facteurs, allant de l’état de préparation de l’atterrisseur Blue Ghost aux conditions météorologiques sur son site de lancement en Floride.
« Nous n’avions pas vraiment prévu d’avoir une éclipse avant quelques mois avant notre lancement, lorsque nous avons commencé à évaluer la situation et réalisé qu’une éclipse se produirait juste avant le coucher du Soleil lunaire », a déclaré Allensworth. « Heureusement, cela nous a donné le temps de mettre au point certaines procédures et de configurer les images que nous voulions prendre, ainsi que les caméras que nous voulions utiliser. »
Ce travail supplémentaire a porté ses fruits. Firefly a publié vendredi une image montrant un rayon de soleil atteignant la courbure de la Terre, à quelque 402 000 kilomètres. Ce phénomène, connu sous le nom d’« anneau de diamant », est un sujet de recherche pour de nombreux chasseurs d’éclipses , qui se rendent dans des lieux lointains pour quelques minutes de totalité.
Un « anneau de diamant » apparaît autour de la Terre, à 400 000 kilomètres de la station scientifique de Firefly sur la surface lunaireLa sonde spatiale Blue Ghost, du nom d’une espèce de luciole, a propulsé la chasse aux éclipses vers de nouveaux sommets. Non seulement elle a observé la Terre occulter le Soleil depuis un endroit inexploré de la Lune, mais l’atterrisseur est tombé dans l’ombre pendant 2 heures et 16 minutes, soit environ 18 fois plus longtemps que la plus longue éclipse solaire totale possible sur Terre.
L’éclipse a posé des défis aux ingénieurs de Firefly qui surveillaient la mission depuis le Texas. Les températures sur le site d’atterrissage, dépourvu d’atmosphère, ont chuté à mesure que l’obscurité s’installait, créant ce qu’Allensworth a appelé une « pseudo-nuit lunaire ».
« Nous avons constaté une baisse rapide des températures », a déclaré Allensworth vendredi. « C’était donc un jeu intéressant de manipuler le matériel pour maintenir la température dans les limites, tout en maintenant l’alimentation et en collectant des données. »
Se mettre en forme
À l’aide de caméras de navigation et d’algorithmes de guidage autonomes, le vaisseau spatial a détecté des dangers potentiels sur son site d’atterrissage d’origine et s’est détourné vers un endroit plus sûr à plus de 70 mètres (230 pieds), selon Allensworth.
Finalement satisfait du terrain, l’ordinateur du Blue Ghost envoya l’ordre d’atterrissage, alimenté par huit propulseurs pulsant en succession rapide pour contrôler la vitesse de descente de l’engin. L’atterrissage fut plus doux que prévu, avec une vitesse inférieure à 3,5 km/h (1 mètre par seconde).
Selon les données préliminaires, Blue Ghost s’est installé dans un endroit juste à l’extérieur de son ellipse d’atterrissage cible de 330 pieds (100 mètres), probablement en raison des manœuvres de déviation de dernière minute ordonnées par le système d’évitement des dangers du véhicule.
« On dirait qu’on est un peu en dehors de la zone de confort, mais ça va », a déclaré Allensworth. « La NASA nous a surtout dit qu’elle souhaitait que nous atterrissions en douceur… Ils semblent à l’aise là où nous en sommes. »
Firefly avait initialement prévu de développer un vaisseau spatial basé sur la conception de l’atterrisseur israélien Beresheet, qui était la première mission privée à tenter un atterrissage sur la Lune en 2019. Le vaisseau spatial s’est écrasé et Firefly a choisi d’opter pour une nouvelle conception plus adaptée aux exigences de la NASA.
« La gestion du centre de gravité et de la masse de l’atterrisseur est primordiale, et cela influence grandement sa forme physique », a déclaré Allensworth. « Nous voulions donc garder certains points à l’esprit, et c’est précisément ce qui a conduit à choisir un atterrisseur plus large, plus court et plus large. Nous avons installé des patins plus grands. Tout cela a été pensé pour rendre l’atterrisseur aussi stable et prévisible que possible. »
L’atterrisseur Blue Ghost de Firefly, visible ici dans l’usine de fabrication de vaisseaux spatiaux de l’entreprise à Cedar Park, au TexasCes choix de conception doivent être effectués dès le début du développement d’un vaisseau spatial. L’atterrissage sur la Lune présente de nombreuses complications, notamment une surface souvent irrégulière et l’absence d’atmosphère, rendant les parachutes inutiles. Un atterrisseur visant la Lune doit se diriger lui-même vers un site d’atterrissage sûr, sans intervention du sol.
L’atterrisseur Odysseus, ou Nova-C, construit par Intuitive Machines, s’est cassé une jambe et est tombé sur le côté après son arrivée sur la Lune l’année dernière. L’altimètre d’Odysseus a lâché, provoquant une descente à une vitesse horizontale trop élevée. L’atterrisseur a renvoyé des données scientifiques de la Lune, ce qui a été qualifié de succès partiel. Le vaisseau spatial n’a pas pu recharger ses batteries après son atterrissage sur le côté, et Odysseus s’est arrêté quelques jours après.
La deuxième mission d’Intuitive Machines a atteint la Lune le 6 mars, mais a subi le même sort . Après s’être renversé, l’atterrisseur Athena a succombé à une panne d’énergie en quelques heures, l’empêchant d’accomplir sa mission scientifique pour la NASA.
Les atterrisseurs conçus par Intuitive Machines sont hauts et fins, mesurant plus de 4,3 mètres de haut et environ 1,6 mètre de large. Le Blue Ghost est court et trapu : environ 2 mètres de haut et 3,5 mètres de large. L’approche de Firefly nécessite moins de jambes d’atterrissage que celle d’Intuitive Machines : quatre au lieu de six.
Steve Altemus, cofondateur et PDG d’Intuitive Machines, a défendu la conception de l’atterrisseur de son entreprise lors d’une conférence de presse après le basculement du deuxième alunissage plus tôt ce mois-ci. L’atterrisseur Nova-C n’est pas trop lourd pour un atterrissage en toute sécurité, car la majeure partie de sa charge est fixée au fond du vaisseau spatial. Pour l’instant, Altemus a déclaré qu’Intuitive Machines n’envisageait pas de le repenser.
Intuitive Machines a superposé ses deux réservoirs de carburant et d’oxydant, créant ainsi un véhicule plus haut. Le véhicule Nova-C utilise du méthane ultra-froid et de l’oxygène liquide comme ergols, permettant un voyage rapide vers la Lune en quelques jours seulement. Les quatre réservoirs d’ergols de Blue Ghost sont disposés en diagonale : deux contiennent de l’hydrazine et les deux autres un oxydant appelé tétroxyde d’azote. Le Blue Ghost de Firefly a mis environ six semaines pour voyager du lancement à l’atterrissage.
Ce compromis de conception signifie que l’atterrisseur de Firefly est plus lourd, avec quatre réservoirs au lieu de deux, selon Will Coogan, ingénieur en chef de Blue Ghost chez Firefly. En optant pour un atterrisseur plus massif, Firefly a dû installer quatre réservoirs, car le carburant et le comburant du vaisseau spatial ont des densités différentes. Si Firefly n’avait installé que deux réservoirs côte à côte, le centre de gravité du vaisseau changerait continuellement pendant la combustion du propergol lors de la descente finale vers la Lune, créant un problème inutile pour le système de guidage, de navigation et de contrôle de l’atterrisseur.
« Il faut éviter ça », a expliqué Coogan à Ars avant le lancement de Blue Ghost. « Soit tu as quatre réservoirs et du carburant et de l’oxydant en diagonale, et tu seras ainsi toujours centré, soit tu peux rester avec deux réservoirs et les empiler. »
Une caméra embarquée sur l’atterrisseur Blue Ghost de Firefly a capturé son ombre après son atterrissage sur la Lune, juste après le lever du soleil, le 2 mars. La Terre se profile à l’horizonLes quatre jambes d’atterrissage du véhicule Blue Ghost sont dotées de pieds amortisseurs, avec des coussinets en forme de bol capables de se plier si l’atterrisseur tombe sur un rocher ou une pente.
« Pour aller un peu plus vite, il fallait que les jambes soient capables de supporter cela, alors nous les avons testées de manière très approfondie au sol », explique Allensworth. « Nous les avons simplement chargées sur un banc de musculation improvisé, sous différents angles, et nous l’avons enfoncé au sol, dans du béton, sur des rochers simulés, sous différents angles, pour vraiment caractériser les capacités des jambes. »
« C’est vraiment drôle, car l’un des cas limites que nous n’avons pas testés est celui d’une atterrissage très léger, avec une accélération quasi nulle », a-t-elle expliqué. « Et c’est dans ce cas que l’atterrisseur s’est posé. Je plaisantais avec notre ingénieur en structure en lui disant qu’il perdait tout son temps. »
Preuve positive
Firefly a livré dix expériences scientifiques et technologiques de démonstration sur la surface lunaire, sponsorisées par la NASA, dans le cadre du programme CLPS de la NASA. CLPS s’appuie sur le modèle commercial, basé sur les services, du programme de fret et d’équipage commercial de la NASA pour le transport vers la Station spatiale internationale.
Les responsables de la NASA savaient que cette approche était risquée. Le dernier atterrissage sur la Lune d’un vaisseau spatial américain remonte à la dernière mission Apollo, en 1972, et la plupart des entreprises impliquées dans le CLPS ont moins de 20 ans et peu d’expérience des missions dans l’espace lointain.
Une entreprise de Pittsburgh nommée Astrobotic n’a pas réussi à atteindre la Lune lors de sa première tentative en janvier 2024. Le mois suivant, Intuitive Machines, basée à Houston, a fait atterrir son vaisseau spatial Nova-C sur la surface lunaire, mais il s’est renversé après qu’une de ses jambes se soit cassée au moment de l’atterrissage.
Firefly, basée à Cedar Park, au Texas, a été la troisième entreprise à tenter un atterrissage. Initialement créée comme développeur de fusées, Firefly s’est engagée à devenir fournisseur de CLPS et a remporté un contrat de 101 millions de dollars avec la NASA en 2021 pour transporter un ensemble scientifique financé par le gouvernement vers la Lune. Les instruments de la NASA à bord de l’atterrisseur Blue Ghost ont coûté environ 44 millions de dollars.
L’atterrissage réussi de Blue Ghost de Firefly au début du mois a renforcé les attentes de la NASA concernant le CLPS. « Globalement, c’est une preuve formidable et positive de l’efficacité du modèle CLPS », a déclaré Brad Bailey, administrateur adjoint adjoint pour l’exploration à la Direction des missions scientifiques de la NASA.
La NASA a signé sept autres contrats pour des missions CLPS. La prochaine pourrait être lancée dès août, date à laquelle Blue Origin prévoit d’envoyer son premier atterrisseur Blue Moon sur la Lune. La NASA a également réservé deux autres missions Blue Ghost avec Firefly et deux autres tentatives d’atterrissage avec Intuitive Machines, ainsi qu’un vol supplémentaire d’Astrobotic et un atterrisseur du laboratoire Draper.
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Vu que les préparatifs se poursuivent, il semble de plus en plus probable que la NASA lance la mission Artemis II
Tard samedi soir, les techniciens du Centre spatial Kennedy en Floride ont déplacé l’étage central de la deuxième fusée du système de lancement spatial de la NASA en position entre les deux propulseurs à combustible solide du véhicule.
À l’intérieur de l’emblématique bâtiment d’assemblage des véhicules, haut de 52 étages, les équipes au sol ont utilisé des grues robustes pour soulever l’étage central orange caramel de son berceau dans l’immense couloir de transfert du VAB, le passage central reliant les quatre baies d’assemblage de la fusée. Les grues ont ensuite fait pivoter la structure verticalement, permettant aux ouvriers de détacher l’une des grues du bas de la fusée.
La fusée était alors suspendue à un pont roulant de 325 tonnes, qui la hisserait par-dessus le tableau arrière jusqu’à la grande baie nord-est du bâtiment. L’étage principal, construit par Boeing, pèse environ 94 tonnes (85 tonnes métriques), mesure environ 65 mètres de haut et contiendra 730 000 gallons de propergol cryogénique au décollage. Il s’agit du plus gros élément de la mission Artemis II de la NASA, qui doit transporter un équipage d’astronautes autour de la face cachée de la Lune dès l’année prochaine.
Enfin, les équipes au sol ont descendu la fusée entre les deux propulseurs à propergol solide du Space Launch System déjà empilés sur une plate-forme de lancement mobile à l’intérieur de High Bay 3, où la NASA a assemblé les navettes spatiales et les fusées Saturn V pour les missions lunaires Apollo.
Dimanche, les équipes du VAB ont connecté l’étage central à chaque booster aux points d’attache avant et arrière. Après avoir effectué les connexions électriques et de données, les ingénieurs placeront un adaptateur conique sur l’étage central, suivi de l’étage supérieur de la fusée, d’un autre anneau adaptateur, et enfin du vaisseau spatial Orion qui accueillera l’équipage de quatre personnes d’Artemis II pour son voyage de dix jours dans l’espace lointain.
Premier vol habité
Il s’agira du premier vol habité du programme Artemis de la NASA, qui vise à faire atterrir des astronautes sur le pôle Sud lunaire et, à terme, à établir une présence humaine durable sur la Lune, en vue de futures expéditions vers Mars. Le premier alunissage habité du programme est prévu pour la mission Artemis III, utilisant toujours SLS et Orion, mais avec un nouvel élément : l’énorme fusée Starship de SpaceX servira d’atterrisseur lunaire habitable. Artemis II n’atterrira pas, mais transportera des humains à proximité de la Lune pour la première fois depuis 1972.
L’étage principal d’Artemis II est arrivé de son usine de Louisiane l’année dernière, et la NASA a commencé à empiler les propulseurs d’appoint à poudre SLS en novembre. Parmi les autres avancées récentes sur la voie d’Artemis II, citons l’installation des panneaux solaires du vaisseau spatial Orion et la fermeture du module de service du vaisseau au Centre spatial Kennedy, avec des panneaux aérodynamiques qui seront largués lors du lancement.
Dès le mois prochain, le vaisseau spatial Orion sera transféré vers une autre installation à Kennedy pour le ravitaillement en carburant, puis vers un autre bâtiment pour rejoindre son système d’interruption de lancement avant de rejoindre le VAB pour y être empilé sur le système de lancement spatial. Avant la mission inhabitée Artemis I en 2022, il a fallu environ huit mois pour mener à bien ces activités avant de livrer Orion au VAB. Il est donc légitime d’être sceptique quant à la date de lancement prévue par la NASA pour Artemis II, fixée à avril 2026, qui accuse déjà des années de retard.
Cependant, la lente progression vers le lancement se poursuit. Il y a quelques mois, certains acteurs bien informés de la communauté spatiale pensaient qu’il était fort possible que l’administration Trump annule rapidement le Space Launch System de la NASA, ce vaisseau lourd et coûteux conçu pour envoyer des astronautes de la Terre à la Lune. La possibilité la plus immédiate était de mettre fin au programme SLS avant son lancement avec Artemis II.
Cette possibilité semble avoir été écartée par les circonstances. Les fusées les plus souvent citées comme remplaçantes du système de lancement spatial – Starship de SpaceX et New Glenn de Blue Origin – ne seront probablement pas autorisées à effectuer des missions habitées avant plusieurs années au moins.
Le vaisseau spatial Orion de la mission Artemis II, ici avec ses panneaux solaires installés pour le vol, juste avant leur enclos dans des carénages aérodynamiques pour les protéger lors du lancement.Le Starship entièrement réutilisable promet à long terme un coût et des performances nettement supérieurs à ceux du système de lancement spatial. Cependant, il a subi plusieurs échecs consécutifs en début d’année, soulevant des questions sur la conception améliorée du Starship de SpaceX, connue sous le nom de « Version 2 » ou « Bloc 2 ». Une fois les problèmes de conception résolus, SpaceX devra prouver sa capacité à récupérer et réutiliser des Starships et à tester les capacités de ravitaillement en orbite du véhicule. Le New Glenn de Blue Origin a effectué un premier vol réussi en janvier, mais son prochain vol est probablement prévu dans six mois ou plus.
L’architecture actuelle de la NASA a encore une durée de vie limitée, et l’agence disposera probablement de plusieurs options pour transporter les astronautes vers et depuis la Lune dans les années 2030. Une décision sur l’avenir à long terme du SLS et d’Orion n’est pas attendue avant que le candidat de l’administration Trump au poste d’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, ne prenne ses fonctions après confirmation par le Sénat.
Quel avenir pour le programme SLS ?
Il existe différents degrés d’annulation. La plus draconienne serait un ordre immédiat d’arrêter les préparatifs d’Artemis II. Cette éventualité semble moins probable qu’il y a quelques mois et entraînerait des coûts. Le démontage et l’élimination des pièces de la fusée SLS et du vaisseau spatial Orion d’Artemis II coûteraient des millions de dollars. L’annulation de contrats de plusieurs milliards de dollars avec Boeing, Northrop Grumman et Lockheed Martin exposerait la NASA à des coûts de résiliation importants.
Bien sûr, ces engagements seraient inférieurs aux 4,1 milliards de dollars estimés par l’inspecteur général de la NASA pour chacune des quatre premières missions Artemis. La majeure partie de cet argent a déjà été dépensée pour Artemis II, mais si la NASA dépense plusieurs milliards de dollars pour chaque mission Artemis, il ne restera plus beaucoup d’argent pour d’autres projets intéressants.
D’autres options pour la NASA pourraient être de fixer un point de transition à partir duquel le programme Artemis quitterait la fusée Space Launch System, et peut-être même le vaisseau spatial Orion, et passerait à de nouveaux véhicules.
Vue plongeante sur le système de lancement spatial d’Artemis IIUne autre possibilité, qui semble facile à saisir pour les décideurs d’Artemis, pourrait être d’annuler le développement d’un étage supérieur d’exploration plus grand pour la fusée SLS. Si le calendrier de la NASA prévoit un nombre limité de vols SLS, il est difficile de justifier le coût estimé de 5,7 milliards de dollars pour le développement de la version améliorée du Bloc 1B du Système de Lancement Spatial. Il existe des options commerciales pour remplacer l’étage supérieur d’exploration de la fusée, construit par Boeing, comme mon collègue Eric Berger l’a judicieusement décrit dans un article de fond l’année dernière.
Pour l’instant, il semble que le mastodonte orange de la NASA ait encore un peu de vie. Tout le matériel nécessaire à la mission Artemis II est arrivé sur le site de lancement en Floride.
L’administration Trump publiera sa demande de budget pour l’exercice 2026 dans les prochaines semaines. La NASA pourrait alors avoir un administrateur permanent, et le voile sur les projets de la Maison-Blanche pour Artemis sera levé.