Bezos Enterre le Washington Post
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Ces dessins sur le « Washington Post » disent tout de l’état de la presse sous Donald Trump
Le journal américain racheté par Jeff Bezos en 2013 a annoncé le licenciement d’un tiers de ses journalistes. Les dessinateurs de presse se sont emparés du sujet.

« Democracy Dies in Darkness - La démocratie meurt dans l’obscurité ». Ce slogan adopté de manière officielle par le Washington Post en 2017 n’a jamais été autant d’actualité. Ce mercredi 4 février, plus d’un tiers des journalistes salariés ont appris qu’ils allaient perdre leur emploi, quelques jours après la sortie d’un documentaire sur Melania Trump produit par Amazon et son patron Jeff Bezos.
La concomitance de ces deux actualités n’a rien d’un hasard. La décision de licenciement massif prise par le milliardaire confirme un virage pris par le propriétaire de ce journal mythique, et plus globalement par la presse, sous la présidence de Donald Trump. Ce que n’ont pas manqué de pointer du doigt les dessinateurs de presse.
Au lendemain de l’annonce concernant le Washington Post, plusieurs « cartoons » ont été publiés et largement relayés sur les réseaux sociaux. L’un d’entre eux, signé du dessinateur Goris mentionne directement la devise du journal, en reprenant les codes du logo d’Amazon, et suggère que la décision de Jeff Bezos vise de fait à « éteindre » la démocratie.

Plusieurs autres dessins, notamment signés de l’artiste chinois Badiucao ou du cartooniste américain Garth German, établissent une analogie entre la suppression des quelque 300 postes évoqués et une volonté de détruire le titre historique (et plus globalement la presse d’information) à la manière d’une déchiqueteuse. Laquelle s’affiche même avec le logo d’Amazon.


On trouve également des dessins qui croquent directement Jeff Bezos rappelant qu’Amazon a déboursé pas moins de 75 millions de dollars dans le documentaire consacré à Melania Trump, réalisé par Brett Ratner et adoubé par la Maison Blanche.

Le symbole du Washington Post
L’émoi suscité par les licenciements massifs annoncés au Washington Post a également poussé beaucoup d’internautes à repartager des photos du film de 1976 Les Hommes du Président. Le film avec Robert Redford et Dustin Hoffmann revient sur le scandale du Watergate et les révélations des journalistes du Washington Post qui avaient fait tomber le président Nixon.

Car le « WaPo » fait figure, comme le New York Times, de véritable institution du journalisme outre-Atlantique et même un symbole de la presse d’information libre. Lorsque Jeff Bezos en a fait l’acquisition via sa société Nash Holdings en 2013, il avait d’ailleurs promis aux équipes qu’il n’interférerait en rien dans la ligne éditoriale, ni dans les décisions prises par les équipes rédactionnelles. Ce qui ne s’est pas toujours vérifié.
Pendant la dernière présidentielle, il a interdit aux éditorialistes politiques du journal de soutenir publiquement la candidate démocrate Kamala Harris. Comme le rappelle NPR, cette décision prise au nom de « l’impartialité » avait fait perdre au journal 200 000 abonnés. Le patron d’Amazon n’a pas non plus eu un mot pour une des reporters du journal, quand ses ordinateurs ont été saisis et sa maison directement fouillée par le FBI.
Les ronds de jambe à Donald Trump
Parallèlement, le milliardaire s’est aussi rapproché de Donald Trump. On a notamment pu le voir bien en place au premier rang lors de l’investiture de ce dernier. Si le milliardaire présente ces licenciements massifs comme une décision « économique » pour la survie du journal, beaucoup y lisent en réalité une courbette supplémentaire au président américain. Donald Trump n’a de manière assumée, jamais porté le Washington Post, ni aucun titre de presse d’information indépendante d’ailleurs, dans son cœur.
Martin Baron, ancien rédacteur en chef du journal et figure du journalisme américain, étrille à cet égard les « efforts écœurants » de Jeff Bezos « pour s’attirer les faveurs » de Donald Trump. « On ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir », alerte de son côté le Post Guild, le syndicat du journal.
Jeff Bezos n’est pas le premier milliardaire et propriétaire de médias à courber l’échine, loin de là. Ce qui se déroule au Washington Post fait écho à ce qui est en train de se passer chez CBS News depuis plusieurs mois. Rachetés à Paramount par Larry Ellison début 2025, un autre milliardaire de la tech proche de Trump, les journalistes de la chaîne ont vu arriver à la tête de la chaîne Bari Weiss.
Ancienne éditorialiste très à droite et « antiwoke » affirmée, elle a très rapidement réorienté la ligne éditoriale pour faire pencher la balance en faveur de Trump et du clan MAGA. Derniers exemples en date : un reportage sur la prison CECOT du Salvador où atterrissent des migrants expulsés des États-Unis, retiré de l’antenne (et finalement diffusé des semaines plus tard).
Comme le souligne la chroniqueuse Nesrine Malik dans le Guardian, les turbulences dans le paysage médiatique américain des derniers mois « en disent long sur la manière dont les magnats du capitalisme et l’autoritarisme unissent leurs forces pour décider de ce que le public peut lire et regarder ». Ce qu’il a le droit de savoir ou pas. Et pour cela mieux vaut que cela soit compatible avec les ambitions de la Maison Blanche.
Par Loïse Delacotte
Source: https://www.huffingtonpost.fr/medias/article/ces-dessins-sur-le-washington-post-disent-tout-de-l-etat-de-la-presse-sous-donald-trump_260057.html?utm_source=firefox-newtab-fr-frC’est l’un des grand symbole de la démocratie américaine que Jeff Bezos démantèle pour plaire à la Maison Blanche.
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Le washington post avait certainement une opinion politiquement orientée (dont je m’en balek, n’étant pas électeur chez ces primitifs), comme tous les autres, mais c’est du suicide d’éliminer des journaux qui publient des choses véridiques, vu que l’alternative, ce sont les réseaux sociaux où n’importe quoi se dir et se lit sans contrôle.
Il va être dur pour les gens célèbre de paraître clean, dénoncés par tel ou tel loquedu et suivi de la masse bêlante et décervelée, sans la défense d’un site de confiance.En définitive, ce sera plus que jamais une guerre d’influence entre d’innombrables clans, un chaos sans égal auparavant.
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Jeff Bezos et tous les types de son acabit, vont là où il y’a le fric et les privilèges.
Sinon chez nous, côté info, c’est pas mieux non plus (je ne parle pas de la presse écrite) mais plutôt de la télé. C’est carrément la désorientation surtout quand on a pour simple exemple CNews qui, inutile de tourner autour du pot, on est clairement à l’extrême droite.
Perso, pour m’informer, je fais mon propre mix.
Dès que je le peux, je checke les médias espagnols, italiens ou anglophones pour avoir une vision globale de la chose de ce qui se passe dans le monde (je ne me fie jamais qu’à une seule source, comme le font trop de gens).
Sinon règle d’or pour ma part, je ne touche jamais aux réseaux associaux pour l’actu, le niz des zazins en tous genre.