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En 1202, un mathématicien italien introduit en Europe un simple petit rond qui va bouleverser les calculs, le commerce et la science. Stéphane Bern vous raconte comment le zéro, discret mais décisif, s’apprête à changer la façon de compter.
Un simple ovale tracé à l’encre… et soudain, les additions deviennent plus simples. L’histoire d’un chiffre qui ne vaut rien, mais change tout.
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Le voyage du zéro jusqu’en Europe
Au début du 13e siècle, en Europe, on compte encore en chiffres romains : V pour 5, X pour 10, L pour 50. Pratique pour graver des dates sur les monuments, beaucoup moins pour tenir des comptes précis ou effectuer des opérations complexes.
C’est alors qu’apparaît Fibonacci, de son vrai nom Leonardo de Pise. Fils d’un marchand, il grandit en partie à Béjaïa, en Afrique du Nord, où il découvre un système de numération venu d’Inde et transmis par le monde arabe : neuf chiffres, de 1 à 9… et un signe révolutionnaire, le zéro.
En 1202, il publie le Liber Abaci, ou « Livre du calcul ». Il y vante l’efficacité de cette méthode qui simplifie additions, soustractions et calculs commerciaux. Grâce à ces chiffres dits « arabes », tenir des comptes devient beaucoup plus rapide et fiable.
Des résistances avant l’évidence
Mais l’innovation ne s’impose pas immédiatement. Les habitudes sont tenaces. À Florence, l’usage de ces nouveaux chiffres, jugés obscurs et propices aux fraudes, est même interdit dans la comptabilité des marchands.
Pendant plusieurs siècles, chiffres romains et chiffres indo-arabes cohabitent. Il faut attendre la Renaissance pour que le système défendu par Fibonacci s’impose définitivement en Europe.
Aujourd’hui, impossible d’imaginer une facture, un relevé bancaire ou une équation sans ce petit zéro. Comme quoi, parfois, ce qui ne vaut rien peut finir par compter énormément.
Source : francebleu.fr