Des injections de graisse de cadavre: le “zombie filler”, la nouvelle pratique lugubre venue des États-Unis
Une nouvelle tendance surprenante gagne du terrain dans le secteur de la chirurgie esthétique aux États-Unis: des patients se font injecter de la graisse de cadavres pour galber leurs pectoraux, leurs seins ou encore leurs fessiers. Ce procédé, surnommé “zombie filler” en ligne, suscite de nombreuses interrogations.
Utiliser de la graisse de personnes décédées pour avoir des fesses ou une poitrine plus généreuse: l’idée semble surréaliste, et pourtant, elle est pratiquée outre-Atlantique depuis l’an dernier. Cette substance, surnommée “zombie filler”, est en réalité du tissu adipeux stérilisé, issu de donneurs morts, et commercialisé sous le nom d’Alloclae.
Selon le quotidien britannique The Guardian, cette graisse est utilisée pour remodeler la silhouette, notamment pour combler les creux des hanches (“hip dips”) ou augmenter le volume des fesses et de la poitrine. Une pratique pour le moins macabre. Mais pourquoi des patients font-ils ce choix de leur plein gré?
Les avantages sans les contraintes
Habituellement, une augmentation mammaire classique implique une opération chirurgicale sous anesthésie générale, suivie de plusieurs jours de convalescence.
“Les patients n’ont pas de période de récupération, ni les douleurs qui vont avec.”
Le traitement au “zombie filler” repose sur une approche différente. Comme l’explique le chirurgien plasticien Douglas Steinbrech au Guardian, il s’agit d’une procédure par injection, peu invasive, réalisée directement en cabinet. L’intervention dure entre trente et soixante minutes et ne nécessite le plus souvent qu’une anesthésie locale. “Les patients n’ont pas besoin d’opération. Ils n’ont pas besoin d’être endormis. Ils n’ont pas de période de récupération, ni les douleurs qui vont avec.”
Ce recours à la “graisse de cadavre” s’avère par ailleurs être une option intéressante pour les patients trop minces, qui ne disposent pas d’assez de réserves personnelles pour une autogreffe de graisse classique.
D’où vient cette graisse ?
Ces arguments séduisent de plus en plus d’Américains. Mais d’où provient exactement cette matière organique?
La graisse est issue de donneurs décédés ayant fait don de leur corps ou de leurs tissus à la science. Or, aux États-Unis, lorsqu’un donneur précise ce qu’il accepte de léguer, la “graisse” n’apparaît pas comme une catégorie distincte sur les formulaires. Elle est incluse dans l’appellation plus large “os et tissus associés”.
Une question éthique se pose alors: un donneur aurait-il donné son consentement s’il avait su que son tissu adipeux servirait plus tard à réaliser des liftings de fesses?
Le “zombie filler” semble pour l’instant réservé à une élite. D’après The Guardian, les prix varient de 10.000 à 100.000 dollars, selon la quantité de produit injectée. De plus, la demande est telle que certains patients doivent patienter plusieurs mois avant de pouvoir bénéficier de l’intervention.
Source et plus: https://www.7sur7.be/sante/des-injections-de-graisse-de-cadavre-le-zombie-filler-la-nouvelle-pratique-lugubre-venue-des-etats-unis~af119aa0/