Le mystère est résolu: voici ce que sont les “petits points rouges” du télescope spatial James Webb
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Pendant des années, les scientifiques étaient perplexes. Depuis la mise en service du télescope spatial James Webb (JWST), ils ont observé à plusieurs reprises de mystérieux petits points rouges sur certaines images. Le responsable a été identifié. On fait le point avec l’expert scientifique Martijn Peters.
Les fameux petits points rouges apparaissent sur des images dans des zones datant d’une époque où l’univers n’avait que quelques centaines de millions d’années. Des centaines de ces points rouges ont déjà été recensés. Mais si l’on observe des images datant d’un milliard d’années plus tard, ils semblent soudainement disparaître.

Certains scientifiques pensaient qu’il s’agissait d’énormes galaxies, si puissantes que le JWST pouvait encore percevoir leur lumière 13 milliards d’années plus tard. Mais cette hypothèse pose un problème : elle ne correspond pas au temps nécessaire à la formation des galaxies après le Big Bang. Celles-ci n’apparaissaient qu’après la période correspondant aux images où les points rouges ont été observés par le télescope spatial.
Pendant deux ans, des scientifiques danois ont étudié sans relâche les images présentant ces points rouges. La réponse se trouvait dans l’une des entités les plus puissantes de notre univers: les trous noirs. Parallèlement, ils ont fait une découverte sur la naissance des tout premiers trous noirs dans l’univers.
Les points rouges, des jeunes trous noirs
Les petits points rouges se révèlent être de jeunes trous noirs. Ils sont cent fois moins massifs qu’on ne le pensait auparavant. Mais ils pèsent tout de même 10 millions de fois la masse de notre Soleil et ont un diamètre de 10 millions de kilomètres. Le centre de notre Voie lactée abrite un trou noir supermassif dont la masse équivaut à 4 millions de fois celle du Soleil.
Les jeunes trous noirs sont enveloppés d’un cocon de gaz qu’ils absorbent pour croître. Pendant ce processus, une quantité énorme de chaleur, de l’ordre de millions de degrés, est libérée et traverse ce cocon. C’est ce rayonnement qui donne aux petits points leur couleur rouge caractéristique. Les trous noirs, en eux-mêmes, sont plutôt des mangeurs désordonnés: seule une petite partie du gaz qui tombe est absorbée, le reste est expulsé par les pôles du trou noir.

La couleur rouge du petit point au centre de l’image provient du rayonnement libéré lorsque le trou noir absorbe du gazGrâce à ces résultats, les scientifiques ont résolu un mystère scientifique, mais ils ont aussi répondu à la question de savoir pourquoi des trous noirs supermassifs, avec des masses jusqu’à un milliard de fois celle de notre Soleil, existaient déjà quelques centaines de millions d’années seulement après le Big Bang. Ils savent maintenant qu’ils observent des images de jeunes trous noirs en pleine phase de croissance, un stade qui n’avait jamais (consciencieusement) été observé auparavant.