La Commission européenne franchit une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté numérique. Selon une consultation publique lancée ce mardi 6 janvier 2026, Bruxelles entend désormais favoriser la commercialisation des logiciels open source développés sur le Vieux Continent. L’objectif est clair : ne plus se contenter de financer la recherche, mais transformer ces projets en alternatives commerciales crédibles face aux géants technologiques américains.
Le constat de l’Europe est lucide : jusqu’à présent, une grande partie de la valeur générée par les projets open source européens est exploitée en dehors de l’UE, profitant souvent aux grandes plateformes propriétaires qui intègrent ces briques libres dans leurs propres services payants.
Pour corriger ce déséquilibre, la nouvelle stratégie de la Commission se concentrera sur quatre piliers :
- la montée en puissance des communautés locales de développeurs ;
- le déploiement industriel et l’intégration profonde au marché ;
- la viabilité commerciale des innovations, afin qu’elles ne dépendent plus uniquement de subventions ;
- la sécurité des chaînes d’approvisionnement, pour garantir une confiance totale des acteurs publics et privés.
Remplacer les piles propriétaires coûteuses
L’exécutif européen espère ainsi remplacer les « piles propriétaires les plus coûteuses ou les plus gourmandes en données » par des solutions souveraines. Cette initiative s’inscrit dans un calendrier législatif dense, puisque cette stratégie sera publiée en parallèle du Cloud and AI Development Act (CAIDA), attendu pour le premier trimestre 2026.
Bruxelles n’avance pas seule. Le document mentionne notamment le rôle du Consortium européen pour les infrastructures numériques communes, où la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas collaborent déjà sur des technologies ouvertes pour leurs administrations. Cette dynamique fait directement écho au lancement de l’EuroStack Foundation en novembre 2025, qui vise précisément à construire une infrastructure numérique européenne indépendante et interopérable.
Un appel aux acteurs du secteur
La Commission souhaite également garantir la pérennité financière des organisations open source via des partenariats avec le secteur public. Le programme de financement « Next Generation Internet » a d’ailleurs été rebaptisé « Open Internet Stack » l’an dernier, marquant cette volonté d’orienter les projets vers des modèles économiques viables.
Les entreprises, développeurs et citoyens ont désormais jusqu’au 3 février 2026 pour soumettre leurs avis sur cette consultation. C’est une occasion unique pour l’écosystème du logiciel libre de peser sur la future politique industrielle de l’Union.
– Source :
https://goodtech.info/commission-europeenne-strategie-open-source-souverainete-2026/