<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0"><channel><title><![CDATA[Didier Wampas : « Dans la vie, il faut faire comme Rahan, faire tourner son coutelas et aller dans la direction indiquée »]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto"><strong>Depuis plus de quarante ans, les Wampas sillonnent la France avec leur punk caustique et nerveux. Ils publient un nouvel album impeccable, « Où va nous ? », et leur leader, Didier, son autobiographie, « Punk ouvrier ». Rencontre avec l’ancien électricien de la RATP, acteur majeur de la scène musicale française qui a dû se défaire, le temps de l’entretien, de son humilité et de sa discrétion coutumières.</strong></p>
<p dir="auto"><img src="https://d5ypyhvahm6dhz.archive.ph/CjFcF/f690a0f11ea9afeb1e9841fac6e123512889a2cc.webp" alt="" class=" img-fluid img-markdown" /></p>
<p dir="auto">Lorsque Didier Wampas nous accueille dans sa loge de l’Olympia, il ne reste qu’une poignée d’heures avant qu’il ne monte sur la mythique scène parisienne, qui affiche complet depuis trois mois. Il est pourtant d’un naturel désarmant, vif et alerte pour ce qui n’est après tout que le 21e concert d’une tournée entamée en février. Un nouveau marathon pour les Wampas, accompagné d’un nouvel album au son caverneux, « Où va nous ? », l’un de leurs meilleurs crus.</p>
<p dir="auto">Figure du <a href="https://archive.ph/o/CjFcF/https://www.humanite.fr/-/-/treize-titres-mythiques-de-la-vague-punk-en-france" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">punk français</a> à la longévité exceptionnelle, parolier brillant et homme aussi simple qu’affable, l’ancien électricien de <a href="https://archive.ph/o/CjFcF/https://www.humanite.fr/social-et-economie/enquete/la-ratp-condamnee-aux-prudhommes-apres-un-accident-de-bus-une-information-judiciaire-pour-faux-et-usage-de-faux-ouverte" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">la RATP</a>, marqué par son enfance en banlieue parisienne dans une famille de sympathisants communistes syndiqués à <a href="https://archive.ph/o/CjFcF/https://www.humanite.fr/social-et-economie/cgt/cgt-large-meeting-contre-la-repression-syndicale" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">la CGT</a>, <em>« où tous les dimanches un vendeur de l’Huma passait pour proposer son journal et essayer de parler politique »,</em> vient de publier son autobiographie au titre limpide, <em>Punk ouvrier</em> (Harper Collins).</p>
<p dir="auto"><strong>Tenez-vous le compte du nombre faramineux de concerts des Wampas, depuis le premier au square de Tolbiac, à Paris, en juin 1983 ?</strong></p>
<p dir="auto">Didier Wampas</p>
<p dir="auto">Non, jamais, c’est le concert du soir qui m’importe. Il faut toujours tout remettre à zéro. <a href="https://archive.ph/o/CjFcF/https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/faire-la-fete/fete-de-lhumanite-2025-qui-a-dit-des-luttes-quelles-sont-ephemeres" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">La Fête de l’Huma</a>, c’était d’ailleurs le deuxième, en 1983. Les Cafards, un autre groupe du coin, avaient organisé ça, au stand de Pierrefitte. J’étais super content, mais je crois que mes parents ne sont pas venus. Je ne sais même pas s’il y avait une sono.</p>
<p dir="auto"><strong>C’était l’époque où vous jouiez ce qu’on appelle de la psycho, avec une contrebasse ?</strong></p>
<p dir="auto">Oui mais, au début, c’était juste avec une basse. On voulait faire un peu ce qu’avaient fait les Cramps aux États-Unis, mais avec la musique française. Eux avaient repris le rockabilly en le cradant, nous, c’était le yéyé. C’était vaguement l’idée de base.</p>
<p dir="auto"><strong>On apprend dans votre autobiographie que le nom Wampas vient de la bande dessinée « Rahan » que vous lisiez dans « Pif »…</strong></p>
<p dir="auto">On a failli s’appeler les Gros Dégueulasses, mais ça n’a duré qu’une soirée de beuverie. Ça aurait sûrement été un peu plus dur avec ce nom. On en cherchait un autre et c’est le batteur qui l’a trouvé. On était fan des Cramps et ça sonnait à peu près pareil. On l’a gardé tout de suite. Dans « Rahan », il y avait la tribu des Hommes Wampas et un méchant, le Wampas ailé. J’étais fan de Rahan, il faisait rêver. Il partait à l’aventure tous les jours et, chaque matin, il faisait tourner son coutelas et allait dans la direction indiquée. C’est ce qu’il faut faire dans la vie : tous les matins, faire tourner son coutelas et aller là où il l’indique.</p>
<p dir="auto"><strong>Votre premier choc musical, c’est Mike Brant, écrivez-vous. Étrange pour un futur punk…</strong></p>
<p dir="auto">J’avais 10 ans. Mes parents écoutaient Brel, Piaf, <a href="https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/georges-brassens/brassens-lhomme-qui-revait-detre-poete-716372" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">Brassens</a>, ça ne me disait trop rien. Et un jour à la radio j’entends « Qui saura » de Mike Brant. La musique m’a saisi. Même aujourd’hui, quand je l’entends, j’ai les poils. La voix de Mike Brant, l’arrangement, tout est magnifique dans cette chanson.</p>
<p dir="auto">Après, je me suis mis à écouter le hit-parade d’Europe 1 tous les soirs. Il y avait du rock de temps en temps, <a href="https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/musique/david-bowie-legendaire-icone-rock-confrontee-a-ses-fantomes" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">Bowie</a> avec « The Jean Genie », « Walk on the Wild Side » de Lou Reed. Et les Rubettes. Ça aussi, ça a été une très grosse découverte. Et Johnny qui reprenait Eddie Cochran ou Elvis. J’ai découvert comme ça le rock’n’roll, en 1977, en pleine vague punk. J’avais 15 ans. Puis après…</p>
<p dir="auto"><strong>Il y a une autre figure qui peut surprendre, sauf si on s’attarde sur vos paroles, c’est Charles Trenet…</strong></p>
<p dir="auto">C’est une de mes idoles, et d’ailleurs dans le dernier album il y a une chanson qui s’appelle « Ne cherchez pas dans les guitares ». Ça vient d’une chanson de Trenet, « Ne cherchez pas dans les pianos ». Il ne faut pas se prendre au sérieux, et lui ne se prenait jamais au sérieux. Ce n’est pas Brel que j’aimais, et j’ai beau habiter désormais à Sète, ni Brassens non plus. Il y a un live, à la fin des années 1950, où Trenet n’est plus à la mode et où il présente ses chansons comme si c’étaient de petites conneries. Puis il en chante une magnifique. Il n’était pas du genre « je suis un vrai poète, non ? ». C’est aussi un exemple d’humilité.</p>
<p dir="auto"><strong>Vous avez participé à l’émergence de la scène dite alternative dans les années 1980 aux côtés des Garçons Bouchers, la Mano Negra, Parabellum et tant d’autres. Quel regard portez-vous sur cette histoire ?</strong></p>
<p dir="auto">C’est toujours un peu romancé. Quand je lis des trucs là-dessus, je me dis, « les mecs, c’est bon ». Dans ce livre, justement, je n’ai pas voulu en rajouter, me faire mousser ou inventer des histoires. Même si, bien sûr, il y avait quelques personnages… On traînait tous ensemble. Quand tu lis qu’à Londres ou à New York tous les groupes jouaient dans le même club, par exemple les Ramones, les Talking Heads et Blondie au CBGB, tu te dis que c’est incroyable.</p>
<p dir="auto">Et nous aussi, c’était un peu ça. On a commencé ensemble dans les mêmes bars et les mêmes squats, à Paris. On n’était pas beaucoup. Il y avait peut-être 200 ou 300 personnes qui venaient. On jouait dans deux ou trois bars, un ou deux squats qui fermaient puis rouvraient. C’était surtout à Belleville et Ménilmontant. Tout se passait dans le 20e.</p>
<p dir="auto"><strong>Une de vos chansons les plus célèbres, « Manu Chao », où vous vous attaquez à son « portefeuille », écorne l’un des acteurs les plus célèbres de cette scène. Comment l’a-t-il pris ?</strong></p>
<p dir="auto">Ce n’était pas méchant cette chanson sur Manu. Je l’aime bien en plus. Il l’a un peu mal pris alors que je ne lui en voulais pas du tout. C’était juste histoire de me moquer un peu. C’est comme Noir Désir qui va dire du mal d’Universal aux <a href="https://www.humanite.fr/medias/alain-souchon/victoires-de-la-musique-2025-santa-clara-luciani-zaho-de-sagazan-qui-sont-les-nomines" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">Victoires de la musique</a>, et qui y reste. Pourquoi ?</p>
<p dir="auto"><strong>Il y a un personnage qui a beaucoup compté pour vous, Marc Police, le guitariste des Wampas de 1985 à son suicide, six ans plus tard. Si bien qu’à sa mort vous avez failli arrêter…</strong></p>
<p dir="auto">Les trois premiers albums, c’est avec Marc et ça n’avait rien à voir. Avec et sans lui, ce sont deux Wampas différents. On aurait pratiquement pu changer de nom. On composait tous les deux, il faisait les parties de guitare et moi je chantais dessus. L’album « Les Wampas vous aiment », est le dernier avec lui. Tu pourrais en virer la voix et faire un album instrumental avec les guitares tellement il était bon. Ce n’est pas que de l’accompagnement, c’est de l’art.</p>
<p dir="auto">Marc était mon ami. Il était mort et je n’allais pas rajouter du malheur au malheur. Tu ne te suicides pas parce que ton ami se suicide. Les Wampas c’était toute ma vie et Marc aurait voulu qu’on continue. C’est peut-être pour lui qu’on est encore là. Et s’il n’était pas mort, on aurait sûrement arrêté au disque d’après, parce qu’on partait vers d’autres sphères.</p>
<p dir="auto"><strong>Même les nombreux changements de label n’auront pas eu la peau des Wampas…</strong></p>
<p dir="auto">Changer de label, c’est comme changer de machine à laver, on s’en fout. Il y en a qui marchent mieux que d’autres, mais elles lavent le linge et les labels font des disques. Sauf que, là, on a du bol. Pour une fois, on a un bon label (At (h) ome – NDLR), qui est petit, n’a pas plein d’argent, mais est impliqué. C’est exactement ce qu’il nous faut. Notre longévité tient peut-être au fait que les Wampas, ce n’est pas que moi mais tous les gens qui sont dans le groupe et sur scène avec nous, les techniciens, et bien sûr le public. C’est presque un concept que j’essaie de faire perdurer.</p>
<p dir="auto"><strong>Cette longévité n’est-elle pas aussi due au fait que vous ayez, en parallèle, travaillé jusqu’à votre retraite à la RATP ? N’y a-t-il pas chez vous un côté « le travail c’est la santé » ?</strong></p>
<p dir="auto">Ah non, « ne rien faire, c’est la conserver » surtout ! Mais même si je faisais les trois-huit et que c’était dur, quand j’allais <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/cgt-transports/a-la-ratp-les-difficultes-a-recruter-sexpliquent-par-la-privatisation-progressive" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">travailler à la RATP</a>, je vous le jure, c’est comme si je n’avais plus aucune responsabilité. C’est bizarre à dire, mais j’ouvrais la porte et je me déchargeais de tout, terminé. Ça me soulageait vachement. J’ai bossé un an et demi à l’usine et je n’aurais pas pu continuer. Je ne sais pas comment les gens tiennent.</p>
<p dir="auto">Bosser à 6 heures du matin, prendre le bus de banlieue, arriver à Saint-Ouen avec des petits chefs qui te font chier. Je tire mon chapeau aux gens qui font ça, et il y en a encore beaucoup. C’est aussi pour ça qu’à la RATP j’ai essayé de faire chier les chefs. Petit à petit, ils essayaient d’instaurer un management à l’américaine, comme partout, et je faisais tout pour combattre ça.</p>
<p dir="auto"><strong>Vous étiez syndiqué ?</strong></p>
<p dir="auto">Non, parce que je n’ai jamais voulu m’encarter dans quoi que ce soit. Mais, par contre, j’ai toujours voté, à toutes les élections, même syndicales.</p>
<p dir="auto"><strong>Vous arrivait-il de sortir des ateliers pour aller jouer ?</strong></p>
<p dir="auto">J’ai très souvent fait ça. Avec la Mano Negra à la Cigale, je me souviens être sorti de scène pour aller bosser de nuit.</p>
<p dir="auto"><strong>Vous avez pu prendre votre retraite à 50 ans. Aujourd’hui, on nous la promet à 67 ans. Qu’est-ce que ça vous inspire ?</strong></p>
<p dir="auto">Je n’aurais pas pu continuer en faisant les trois-huit. C’est dur au bout d’un moment. Ça dépend de ce que tu fais, si tu y prends du plaisir. À la limite, un journaliste (rires). La retraite à 50 ans, aujourd’hui, c’est de la science-fiction.</p>
<p dir="auto"><strong>Est-ce que 2026 ressemble à ce que vous pouviez imaginer en 1983 ?</strong></p>
<p dir="auto">Je n’imaginais rien. Je pensais au concert du soir, à la prochaine chanson, je ne me projette pas du tout. Quant au monde, alors là, non, je n’aurais jamais pensé à ça. Aucun auteur de science-fiction n’aurait pu écrire un livre sur ce qui se passe avec Trump aujourd’hui, un fou à lier à la tête de la plus grande puissance du monde.</p>
<p dir="auto"><strong>Pourtant, quand vous étiez gamin, il y avait la guerre des missiles, de fortes tensions…</strong></p>
<p dir="auto">Oui mais j’ai l’impression qu’on ne vivait pas ça de la même manière. La guerre froide était vraiment froide. Et il y avait les gentils et les méchants, c’était facile. Même si, bien que communiste, je savais que les Russes n’étaient pas que des gentils. Je me souviens que Trust a fait une chanson, « l’Élite », contre l’URSS. C’est bizarre, mais j’étais choqué. Mais pourquoi critiquent-ils l’URSS ? Le monde était simple à l’époque.</p>
<p dir="auto"><strong>On vous découvre aussi une passion pour la musique classique. Comment est-elle venue ?</strong></p>
<p dir="auto">J’adore la musique, j’en écoute tout le temps. Et je me suis rendu compte qu’il y en a une grosse partie à laquelle je ne comprends rien du tout. Je me suis forcé en écoutant France Musique toute la journée. Puis c’est venu petit à petit. Je n’ai jamais été au conservatoire et c’est un langage que je ne connaissais pas. Il faut l’apprendre, et à force d’en écouter pendant des années c’est devenu naturel. J’écoute « la Tribune des critiques de disques », la plus vieille émission du PAF, tous les dimanches depuis trente ans et c’est un grand moment à chaque fois.</p>
<p dir="auto"><strong>Particulièrement Olivier Messiaen, sur lequel vous avez écrit des chansons…</strong></p>
<p dir="auto">En l’écoutant, c’est la seule fois où j’ai eu l’impression de voir des couleurs qui n’existent pas. Très bizarre comme sensation. Je suis allé voir son opéra « Saint-François d’Assise ». Cinq heures avec deux entractes, avec José van Dam qui chantait (célèbre baryton-basse décédé le 17 février dernier – NDLR). Je continue aussi à découvrir des musiques actuelles. Je fais des efforts…</p>
<p dir="auto"><strong>Dans votre livre comme dans vos chansons, vos parents reviennent souvent. Que vous ont-ils apporté ?</strong></p>
<p dir="auto">J’ai eu la chance d’avoir des super parents. Il y a tellement de gens qui ont eu une enfance difficile, malheureuse. Mon père était à l’ancienne. Il parlait peu et je n’ai pas beaucoup communiqué avec lui. Mais ma mère était très ouverte. Ils n’avaient pas beaucoup d’argent, mais ils essayaient de nous faire plaisir. C’étaient vraiment des humanistes, des communistes d’après guerre.</p>
<p dir="auto">Source : <a href="https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/didier-wampas/didier-wampas-dans-la-vie-il-faut-faire-comme-rahan-faire-tourner-son-coutelas-et-aller-dans-la-direction-indiquee" target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow ugc">humanite.fr</a></p>
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